
Nuisibles du lombricomposteur : les reconnaître et s'en débarrasser
Contrairement aux petites bêtes que nous détaillons dans notre fiche Les autres habitants du lombricomposteur, certains organismes méritent, eux, une vraie action de votre part. La bonne nouvelle : la plupart partagent la même origine — un excès d'acidité ou d'humidité — et se règlent donc avec les mêmes gestes simples.
Les moucherons, le nuisible le plus fréquent
C'est, de loin, le problème le plus courant en lombricompostage. Il faut d'abord comprendre une chose : les moucherons ne viennent pas parce que vous avez un lombricomposteur. Ils tournent déjà autour de vos corbeilles de fruits frais ou de vos plantes d'intérieur — c'est seulement si votre lombricomposteur leur devient accueillant (un milieu trop acide ou trop humide) qu'ils choisissent de le coloniser. Bien respecter l'équilibre acidité/humidité reste donc la meilleure prévention.
Dès qu'une dizaine de moucherons commencent à sortir du lombricomposteur, passez à l'action plutôt que d'attendre que la situation empire :
- Mise à l'arrêt : dans le plateau actif, ajoutez 2 à 3 cuillères à soupe de RegulaWorm ou de coquilles d'œufs broyées, puis recouvrez toute la surface d'une bonne couche de carton coupé en petits morceaux, sur 2 à 3 cm d'épaisseur — cela forme une véritable barrière anti-moucherons. Ne touchez plus à ce plateau pendant 2 à 3 semaines ;
- Piège maison : dans une petite coupelle, versez du vinaigre de cidre et une goutte de liquide vaisselle. Les moucherons sont attirés par le vinaigre, puis piégés par la viscosité du liquide vaisselle ;
- Répulsif préventif : passez un peu de savon noir sur les parois extérieures du lombricomposteur pour qu'ils arrêtent de tourner autour.
Astuce : si votre lombricomposteur est à l'extérieur ou que l'été le permet, laissez le couvercle ouvert pendant 2 à 3 jours, même la nuit, pour laisser s'échapper le maximum de moucherons adultes, puis appliquez la solution du carton en barrière pour empêcher leur retour.
Les larves de mouche soldat, des cousines plus voyantes
Dans les mêmes conditions que les moucherons — déchets frais exposés, milieu trop acide ou trop humide —, vous pouvez aussi voir apparaître des larves de mouche soldat : plus grandes (jusqu'à 2 cm), grisâtres et bien plus visibles que les asticots de moucherons. Rassurez-vous, elles ne s'attaquent pas à vos vers, mais elles peuvent leur faire concurrence en engloutissant rapidement de grandes quantités de déchets. Étant de bonne taille, elles se retirent facilement à la main ; appliquez ensuite les mêmes gestes que pour les moucherons (carton, pause de nourrissage) pour éviter qu'elles ne reviennent.
Les fourmis, un signal inversé : trop sec plutôt que trop humide
C'est le cas inverse de tous les visiteurs précédents : des fourmis dans votre lombricomposteur, placé à l'extérieur le plus souvent, signalent en général un milieu devenu trop sec plutôt que trop humide, les fourmis étant attirées par la nourriture sucrée et la recherche d'humidité. La solution est purement physique et ne nécessite aucun produit : placez un petit récipient d'eau sous chaque pied de votre lombricomposteur, ou enduisez les pieds de vaseline — les fourmis ne pourront plus y accéder. En intérieur, le problème reste rare.
Les petites araignées rouges ou noires, à ne pas confondre avec les acariens ordinaires
Vous les appelez peut-être des araignées, mais il s'agit en réalité d'acariens, de couleur rouge ou noire selon l'espèce — rien à voir avec les acariens inoffensifs de notre fiche sur les petites bêtes utiles. Ceux-ci peuvent littéralement recouvrir la nourriture lorsque le milieu est trop humide ou trop acide, au point que vos vers refusent de manger. Si vous en voyez une concentration inhabituelle, retirez la nourriture infestée et laissez le couvercle ouvert quelques jours pour assécher la litière : cela suffit en général à les faire disparaître.
Les prédateurs plus rares : centipèdes et planaires
Deux visiteurs occasionnels s'attaquent, eux, directement à vos vers — mais restent rares dans un lombricomposteur bien tenu. Le centipède, plat et à une paire de pattes par segment (à ne pas confondre avec le mille-pattes inoffensif, voir notre fiche sur les petites bêtes utiles), est un prédateur qu'il suffit de retirer à la main si vous en croisez un. Les planaires prédatrices, des vers plats qui digèrent leurs proies par la peau, sont plus rares encore : si vous en repérez une, mieux vaut la retirer manuellement dès que possible plutôt que d'attendre qu'elle ne se multiplie.
Escargots, limaces ou petits rongeurs trouvent, eux, rarement leur chemin jusqu'à un lombricomposteur démarré avec une litière de papier ou de carton déchiqueté — ils sont bien plus attirés par un tas de compost classique en extérieur. S'il vous arrive d'en croiser malgré tout, un simple retrait à la main suffit ; pour les rongeurs en particulier, le meilleur réflexe préventif reste de ne jamais déposer de viande ou d'os dans votre lombricomposteur (voir notre fiche Régime alimentaire des vers de terre), ce qui est de toute façon la règle de base.
En résumé
La grande majorité des nuisibles du lombricomposteur se règle avec deux réflexes opposés mais complémentaires : rééquilibrer l'acidité et assécher le milieu avec du carton lorsqu'il y a trop d'humidité (moucherons, larves de mouche soldat, acariens rouges), ou au contraire limiter l'accès par une barrière physique lorsque le problème vient d'un milieu trop sec (fourmis). Gardez un œil sur votre lombricomposteur, agissez dès les premiers signes, et ces visiteurs indésirables resteront l'exception plutôt que la règle.































