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Comment se fait le compost ? Les 4 phases du compostage expliquées simplement

Willy le ver de compost, coiffé d'un casque d'explorateur, sort du haut d'un composteur en bois sans fond vu en coupe : déchets frais, micro-organismes au travail et compost mûr plein de vers posé sur la terre

Une épluchure de carotte qui devient, quelques mois plus tard, une terre brune et friable qui sent le sous-bois : le compost a quelque chose de magique. Il n'y a pourtant aucun secret, seulement une foule d'êtres vivants qui mangent, respirent et se relaient dans votre composteur.

Comprendre ce qui se passe à l'intérieur, c'est la meilleure façon de réussir son compost sans se poser cent questions. Voici les grandes étapes de la transformation, expliquées simplement, et les quelques règles qui en découlent.

Le compostage, une digestion à l'air libre

Schéma des quatre phases du compostage : montée en température, phase chaude, refroidissement et maturationComposter, c'est laisser des êtres vivants décomposer la matière organique en présence d'oxygène. Les déchets de cuisine et du jardin leur servent de nourriture : ils y puisent du carbone pour l'énergie, de l'azote pour fabriquer leurs propres cellules, et ils ont besoin d'eau et d'air pour vivre. Ce qu'ils laissent derrière eux, après de nombreux repas successifs, c'est le compost : une matière stable, riche en humus, que l'on rend ensuite au sol.

Le mot important est « à l'air libre ». Quand l'oxygène manque, parce que le tas est trop tassé ou détrempé, les organismes qui ont besoin d'air s'asphyxient. D'autres micro-organismes prennent alors le relais. Ils travaillent sans oxygène, comme dans une décharge ou au fond d'une mare, et produisent du méthane, un puissant gaz à effet de serre, ainsi que des gaz malodorants. C'est pourquoi un compost qui sent mauvais manque le plus souvent d'air. Le schéma résume les quatre phases que nous détaillons plus bas : la montée en température (1), la phase chaude (2), le refroidissement (3) et la maturation (4).

Qui travaille ? Bactéries, champignons et petite faune

Les bactéries, ouvrières majoritaires

Dans un seul gramme de compost vivent des milliards de micro-organismes. Les bactéries en représentent 80 à 90 %. Ce sont elles qui assurent l'essentiel de la décomposition et qui produisent la chaleur que l'on sent parfois en plongeant la main dans un tas actif.

Les champignons et les actinomycètes, spécialistes des matières dures

Les champignons (moisissures et levures) s'attaquent aux débris coriaces que les bactéries digèrent mal : tiges sèches, feuilles épaisses, carton. Les actinomycètes, des bactéries qui forment de fins filaments, dégradent la cellulose et une partie du bois. On aperçoit souvent leur réseau blanchâtre, comme une toile, dans la couche extérieure du tas vers la fin du compostage : ce n'est pas une maladie, c'est le signe que le travail avance.

La petite faune, qui broie et mélange

Une fois la matière refroidie, des animaux plus grands s'installent : vers de terre, cloportes, mille-pattes, acariens, petits coléoptères. Ils fragmentent les déchets, les mélangent et ouvrent le passage aux micro-organismes. Les vers de terre jouent ici un rôle de premier plan, que nous détaillons dans notre fiche Le rôle des vers de terre.

Le saviez-vous ?

Ces micro-organismes ne viennent pas d'un sachet : ils sont déjà présents sur vos épluchures, sur les feuilles mortes et dans la terre du jardin. Un compost bien équilibré se peuple tout seul. Un coup de pouce reste utile dans certains cas : saupoudré sur les restes de cuisine, notre activateur bokashi, fabriqué à la ferme, aide à limiter les mauvaises odeurs et à relancer un compost qui démarre lentement. Nous expliquons quand l'utiliser dans notre fiche Activateur de compost : utile ou pas ?

Phase 1 : la montée en température

Juste après un apport important de déchets frais, ce sont des micro-organismes dits mésophiles, qui aiment les températures modérées, qui se mettent au travail. Ils consomment d'abord ce qui se décompose le plus facilement : sucres, amidons, matières tendres. Cette activité intense dégage de la chaleur. Dans un tas bien fourni, cette première phase ne dure que quelques jours.

Phase 2 : la phase chaude (thermophile)

Lorsque la température dépasse environ 40 °C, les espèces adaptées à la chaleur, dites thermophiles, prennent le relais. Elles continuent à décomposer les matières plus résistantes. Cette phase peut durer de quelques jours à plusieurs mois selon le volume et le mélange.

Deux seuils sont intéressants à connaître. À partir de 55 °C, une bonne partie des germes dangereux pour l'homme et des maladies des plantes est détruite. Au-delà d'environ 65 °C, en revanche, la chaleur tue aussi beaucoup des micro-organismes utiles et la décomposition ralentit : un compost plus chaud n'est donc pas forcément un meilleur compost.

Phases 3 et 4 : refroidissement et maturation

Petite faune du compost en gros plan : ver de terre, cloporte, mille-pattes, collemboles et filaments blancs de champignons sur des déchets en décompositionQuand les matières faciles à digérer sont épuisées, l'activité baisse et la température redescend doucement. Les organismes mésophiles reviennent, les champignons et les actinomycètes s'attaquent à ce qui reste de plus coriace, puis la petite faune colonise le tout. C'est la phase de refroidissement, suivie de la maturation, au cours de laquelle se forme l'humus.

Certains ouvrages parlent de trois phases, en regroupant refroidissement et maturation ; d'autres en comptent quatre. Peu importe le découpage : retenez que cette dernière étape est la plus longue. Elle dure plusieurs mois, et c'est elle qui fait la différence entre un compost « frais », encore actif, et un compost mûr, sombre et friable, prêt pour le potager. Nous expliquons comment les distinguer dans notre fiche Comment savoir si son compost est mûr.

Pourquoi le compost du jardin chauffe peu, et ce n'est pas grave

La petite faune du compost : cloportes, collemboles, vers et filaments de champignons

Les températures de 55 à 65 °C sont surtout atteintes dans les grands tas des plateformes industrielles, qui dépassent couramment 60 °C. Dans un composteur familial, le volume est faible et la chaleur s'échappe facilement par les côtés et le dessus. Disons-le clairement : la température y reste en général basse, et elle ne suffit pas à garantir la destruction des germes et des graines de mauvaises herbes.

Ce n'est pas un échec. Un compost « froid » se fait très bien : il est simplement plus lent, et la petite faune y joue un rôle plus important. Il faut juste en tirer une conséquence pratique : puisque votre composteur n'assainit pas, on évite d'y mettre des plantes malades et des mauvaises herbes montées en graine. Si vous voulez tenter l'aventure du compost très chaud, notre fiche sur le compost chaud et la méthode Berkeley en détaille les conditions, assez exigeantes.

À retenir

Le compost se fait en quatre temps : un démarrage rapide, une phase chaude, un refroidissement, puis une longue maturation. Dans un composteur de jardin, la phase chaude est discrète : c'est normal, mais cela explique pourquoi certains déchets restent à exclure.

Les 4 règles qui en découlent : air, eau, mélange, temps

L'air

Sans oxygène, les bons ouvriers s'arrêtent et les odeurs arrivent. Un léger mélange à chaque apport, puis un brassage plus complet environ une fois par mois, à la fourche ou avec un aérateur comme le Brass'Compost, suffisent en général. Le bon rythme selon votre matériel est expliqué dans notre fiche sur l'humidité et l'aération du compost.

L'eau

Les micro-organismes vivent dans de fines pellicules d'eau. Trop sec, tout s'arrête ; trop mouillé, l'air ne passe plus. Le bon repère : un compost humide comme une éponge que l'on vient d'essorer.

Le mélange

Les déchets riches en azote (épluchures, tontes) se décomposent vite mais pourrissent seuls ; les déchets riches en carbone (feuilles sèches, brindilles, carton) sont lents mais apportent la structure. C'est leur mélange qui nourrit correctement les micro-organismes, comme nous l'expliquons dans notre fiche Matières vertes et brunes.

Le temps

Un compost de jardin demande plusieurs mois : comptez quatre à neuf mois dans un bac selon la saison et l'entretien, et six à douze mois en tas. Un bac comme notre Composteur en bois Compostys, posé à même la terre, laisse la petite faune monter du sol et finir le travail à son rythme.

En résumé

Le compost est le travail d'une chaîne d'êtres vivants : des bactéries qui démarrent et font chauffer le tas, des champignons et actinomycètes qui s'attaquent aux matières dures, puis des vers et de petits animaux qui achèvent la transformation pendant une longue maturation. Dans un composteur familial, la chaleur reste modérée : le compost se fait quand même, mais il n'assainit pas tout. Pour que ces ouvriers travaillent bien, il leur faut de l'air, de l'eau en quantité raisonnable, un mélange de déchets verts et bruns, et quelques mois de patience.

https://www.fermedumoutta.fr/guide/comment-se-fait-le-compost-phases
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