

Utiliser son compost au jardin : les bonnes doses par culture (potager, arbres, pelouse)

Votre compost est mûr, récolté, peut-être tamisé. Combien en mettre, et où ? On a vite tendance à en verser généreusement partout, en se disant qu'on ne risque rien. En réalité, le compost se dose comme tout apport au jardin : selon les besoins de chaque plante, au bon moment, et toujours mélangé à la terre.
Les quantités ci-dessous sont des repères annuels, exprimés en kilos par mètre carré. Nous les avons établies en comparant les recommandations de plusieurs guides sérieux. Quand ces sources divergent, nous avons retenu des fourchettes prudentes : mieux vaut un peu moins, chaque année, que beaucoup d'un coup.
Compost jeune ou compost mûr : quel usage ?
Avant de parler de doses, il faut savoir quel compost vous avez entre les mains.
- Le compost jeune ou demi-mûr s'utilise uniquement en surface : en paillage, au pied des arbres et des arbustes, sur un sol nu à l'automne ou entre des cultures déjà bien installées. Encore actif, il peut gêner les jeunes plants s'il est enfoui trop tôt.
- Le compost mûr peut être incorporé au sol, mais seulement en surface : un léger griffage ou un binage suffit. Son action se joue dans les tout premiers centimètres du sol, et les vers de terre se chargent du reste.
Si vous hésitez sur le stade de votre compost, les tests de notre fiche Comment savoir si son compost est mûr ? vous aideront à trancher.
Au potager : selon l'appétit des légumes
Tous les légumes n'ont pas les mêmes besoins. On les classe en trois familles.
Les légumes gourmands : 3 à 5 kg/m² par an
Tomates, aubergines, poivrons, pommes de terre, courges, courgettes, concombres, melons, poireaux, céleris, artichauts et maïs. Ce sont eux qui profitent le plus du compost. Certains guides donnent une fourchette un peu plus basse (3 à 4 kg/m²) : restez dans le bas de la fourchette si votre sol est déjà riche.
Les légumes moyennement exigeants : 1 à 3 kg/m² par an
Carottes, betteraves, épinards, laitues, haricots, petits pois, persil, asperges.
Les légumes peu exigeants : peu ou pas de compost
Ail, oignons, échalotes, radis, navets, mâche, fèves et plantes aromatiques se contentent très bien de ce qui reste dans le sol après la culture précédente. Ils peuvent se passer d'apport, même si certains guides admettent une fine couche. Les choux, eux, sont classés différemment selon les sources, parmi les peu exigeants ou parmi les gourmands : un apport modéré est un bon compromis.
Le conseil de WillyVous n'avez pas de balance au jardin ? Retenez ce repère simple : une couche de compost d'environ 1 cm d'épaisseur correspond à peu près à 3 à 5 kg par mètre carré. C'est la bonne dose pour les légumes gourmands. Pour les moyens, une couche plus fine suffit.
Quand et comment l'apporter ?
À l'automne ou en fin d'hiver, étalé en surface et légèrement griffé ;
au printemps, entre les rangs, avant de pailler par-dessus ;
au moment de la plantation, au fond du trou, recouvert d'un peu de terre pour que les racines le trouvent en grandissant sans être à son contact direct.
Entre les rangs des légumes-fruits (tomates, concombres, poivrons), une couche d'environ 2 cm de compost peut aussi servir de paillage nourrissant.
Arbres et arbustes fruitiers
En entretien, étalez chaque année une couche d'environ 1 cm de compost sous toute la surface couverte par le feuillage : comptez 3 à 5 kg/m² pour les arbres et 2 à 3 kg/m² pour les arbustes (groseilliers, framboisiers, cassissiers). Vous pouvez recouvrir le tout de paille.
À la plantation, mélangez environ 20 % de compost à la terre du trou, soit une part de compost pour quatre parts de terre.
Pelouse, haies et massifs
La pelouse
À la création, avant de semer, incorporez 8 à 10 kg/m² de compost dans les dix premiers centimètres de terre. En entretien, épandez 1 à 2 kg/m² chaque début de printemps, finement tamisé pour qu'il se glisse entre les brins d'herbe.
Les haies
À la plantation, 8 à 10 kg/m² incorporés sur une quinzaine de centimètres. Ensuite, un apport de 2 à 3 kg/m² tous les deux ans suffit, griffé légèrement entre les plants.
Les massifs de fleurs
À la création d'un massif, 5 à 8 kg/m² incorporés lors du bêchage. Pour l'entretien des vivaces, deux options : une couche de 2 cm environ de compost bien mûr au pied des plantes à l'automne, qui protège aussi les souches du froid, ou 3 à 5 kg/m² griffés en surface au printemps.
Le compost en paillage
Un compost jeune ou demi-mûr fait un excellent paillage : il nourrit le sol peu à peu, limite l'évaporation et freine la levée des herbes indésirables. Sur les massifs et au potager, restez autour de 2 cm d'épaisseur de compost. Certains guides conseillent des couches plus épaisses, mais le compost reste une matière riche : si vous voulez un paillage plus épais, complétez plutôt avec des feuilles mortes, de la paille ou du broyat.
Deux précautions : écartez le paillage de quelques centimètres des tiges et des troncs, et recouvrez si possible le compost d'un paillage végétal, qui le protège de la pluie et du soleil.
Les erreurs à éviter
Semer ou planter dans du compost pur. C'est la règle la plus importante : le compost se mélange toujours à la terre. Pour vos pots et vos semis, suivez les recettes de notre fiche Fabriquer son terreau maison.
L'enfouir profondément. Le compost agit dans les premiers centimètres du sol. Le bêcher en profondeur ne sert à rien.
Mettre un compost jeune au contact des semis ou des jeunes racines.
Forcer la dose. Le compost apporte aussi des éléments nutritifs : au-delà des besoins des plantes, l'excédent risque d'être entraîné par la pluie au lieu de nourrir vos cultures.
Ce que le compost apporte vraiment au sol
Le compost est avant tout un amendement : il nourrit le sol plus que la plante. Il augmente la teneur en matière organique, aide la terre à retenir l'eau, la rend plus aérée et plus facile à travailler, et libère ses éléments nutritifs lentement, au fil des mois. Un sol qui reçoit régulièrement du compost attire aussi les vers de terre, dont nous expliquons le rôle dans notre fiche Le rôle écologique des vers de terre. Si votre jardin en manque, notre fiche Réintroduire des vers dans le jardin présente des méthodes simples, avec nos vers de compost Eisenia.
Le saviez-vous ?Un essai de terrain de longue durée a été lancé en 1998 : une parcelle cultivée y reçoit, environ tous les deux ans, un compost de biodéchets et de déchets verts. Entre 1998 et 2011, le stock de carbone de sa couche de surface est passé d'environ 40 à 58 tonnes par hectare, alors qu'il baissait légèrement sur la parcelle sans apport. Selon les traitements, 60 à 73 % du carbone apporté par le compost est resté dans le sol. Ces chiffres concernent un champ agricole et des doses agricoles, mais ils montrent bien l'effet durable du compost sur la matière organique.
À retenirLégumes gourmands : 3 à 5 kg/m² par an. Légumes moyens : 1 à 3 kg/m². Légumes peu exigeants : peu ou pas. Arbres fruitiers : 3 à 5 kg/m², arbustes : 2 à 3 kg/m². Pelouse : 1 à 2 kg/m² chaque printemps. Et jamais de semis ni de plantation dans du compost pur.
En résumé
Le compost se dose selon les besoins des plantes : généreusement pour les légumes gourmands et les arbres fruitiers, plus légèrement pour les légumes moyens, la pelouse et les haies, presque pas pour l'ail, les oignons ou les radis. Le compost jeune reste en surface, en paillage ; le compost mûr se griffe dans les premiers centimètres du sol. Mélangé à la terre, jamais pur, et apporté chaque année plutôt qu'en une seule fois, il améliore durablement votre sol, comme le confirment des essais de longue durée en plein champ.
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