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Guide pratiqueCompostage

Composter au fil des saisons : printemps, été, automne et compost en hiver

Le même composteur en bois au fil des quatre saisons : au printemps sous un arbre en fleurs, en été dans la verdure, en automne sous les feuilles mortes et en hiver sous la neige

Un composteur ne vit pas au même rythme en juillet et en janvier. Quand il fait chaud, les micro-organismes travaillent vite et le compost avance à vue d'œil ; quand il fait froid, tout ralentit, parfois au point de sembler s'arrêter. Rien d'inquiétant : il suffit d'adapter quelques gestes à chaque saison.

Voici ce qu'il faut faire, et ne pas faire, au fil de l'année, pour garder un compost actif douze mois sur douze.

Printemps : relancer, vider, démarrer

Printemps : on récolte le compost mûr

Avec le retour de la douceur, l'activité du composteur repart. C'est la saison la plus chargée, et l'une des meilleures, avec l'automne, pour démarrer un nouveau composteur.

  • Relancez le compost par un brassage complet : il remet de l'air dans une matière tassée par l'hiver et mélange les apports accumulés en surface.
  • Vérifiez l'humidité avec le test de la poignée. Après un hiver pluvieux, le compost est souvent trop mouillé : ajoutez du brun sec.
  • Récoltez le compost mûr du fond du bac pour faire de la place. Le printemps est le bon moment pour l'épandre au potager entre les rangs, avant de pailler, ou sur la pelouse et les vivaces.
  • Attention aux premières tontes, très abondantes : jamais en couche épaisse, toujours mélangées à de la matière sèche.

Si vous démarrez votre premier composteur, notre fiche Démarrer son composteur pas à pas vous guide étape par étape.

Été : surveiller la sécheresse

La chaleur accélère la décomposition : c'est la saison où le compost avance le plus vite. Mais elle a un revers, le dessèchement. Un compost sec s'arrête net, car les micro-organismes ont besoin d'eau pour vivre.

  • Faites le test de la poignée chaque semaine et arrosez si rien ne perle, idéalement avec l'eau de pluie, en brassant pour bien répartir.
  • Gardez le couvercle fermé et, si possible, placez le composteur à mi-ombre plutôt qu'en plein soleil.
  • Couvrez les fruits sucrés (melon, pêches, prunes) avec de la matière brune pour ne pas attirer les moucherons.
  • Gare au manque de brun : en été, on apporte beaucoup de vert (tontes, épluchures de fruits) et peu de matière sèche. Puisez dans votre réserve de feuilles ou de broyat.
Le conseil de Willy

Un arrosoir d'eau de pluie posé à côté du composteur, prêt à l'emploi, rend le geste automatique : dès que vous videz le bio-seau, un coup d'œil, un coup de poignée, et un peu d'eau si besoin.

Automne : faire le plein de feuilles

Automne : on fait le plein de feuilles mortes

L'automne est la saison des grandes récoltes de matière brune. Les feuilles mortes qui tombent en abondance sont une ressource précieuse : elles serviront d'apport sec toute l'année.

  • Constituez votre réserve : stockez plusieurs sacs de feuilles mortes au sec, ou entassez-les dans un coin du jardin. Passées à la tondeuse, elles prennent moins de place et se décomposent plus vite.
  • N'en mettez pas tout d'un coup dans le composteur : incorporez-les progressivement, au rythme de vos déchets de cuisine.
  • Épandez le compost mûr en surface au potager et au pied des arbustes, en griffant légèrement : l'automne ou la fin de l'hiver conviennent bien à ces apports.
  • C'est aussi une bonne saison pour démarrer un composteur, avec toute cette matière sèche disponible.

Si vous avez beaucoup de feuilles, pensez aussi au terreau de feuilles, un produit différent du compost et très apprécié pour les semis : nous l'expliquons dans notre fiche Terreau de feuilles.

Hiver : continuer à apporter, ne pas retourner

Hiver : on continue les apports sans retourner

En hiver, l'activité ralentit beaucoup : le froid freine les micro-organismes, et un composteur familial, qui chauffe déjà peu en temps normal, perd encore plus facilement sa chaleur. Faut-il pour autant arrêter ? Non.

  • Continuez vos apports de déchets de cuisine, en les mélangeant avec de la matière brune. Gardez un mélange d'environ moitié vert, moitié brun, en ajoutant un peu plus de brun en hiver, car l'humidité s'évapore moins.
  • Retournez le moins possible : chaque retournement fait s'échapper la chaleur et ralentit encore la décomposition. Un léger mélange en surface suffit.
  • Ne vous inquiétez pas si le niveau monte : les déchets s'accumulent pendant l'hiver et seront transformés rapidement dès le retour des beaux jours.

Sur ce point, les avis divergent : certains guides conseillent au contraire de continuer à aérer en hiver. Notre avis : en bac, un petit brassage de surface lors des apports suffit pour éviter le tassement, sans chercher à retourner tout le volume.

Le saviez-vous ?

Dans un bac bien rempli, le cœur du compost reste souvent plus tiède que l'air extérieur, même en hiver, car la décomposition dégage un peu de chaleur. C'est pour cela que l'on évite de tout retourner : on disperserait cette précieuse réserve de chaleur.

Isoler et protéger de la pluie

Les deux ennemis de l'hiver sont le froid et l'excès d'eau. Quelques précautions simples :

  • Un couvercle pour les bacs, ou un carton épais ou une bâche pour un tas ouvert : un compost détrempé par les pluies d'hiver se tasse, manque d'air et sent mauvais au printemps.
  • Une isolation pour les tas et les bacs exposés : entourez les côtés de bottes de paille ou de sacs de feuilles sèches.
  • Un emplacement abrité du vent, idéalement à un endroit qui profite du soleil bas de l'hiver.

Un composteur en bois comme le Composteur en bois Compostys garde un peu mieux la chaleur qu'un bac en plastique fin, le bois étant un isolant naturel. Les composteurs rotatifs, eux, sont plutôt des « travailleurs d'été » : peu isolés et surélevés, ils chauffent mal par temps froid, et le compost y avance très lentement en hiver.

Le calendrier du composteur

  • Mars à mai : brassage de relance, récolte du compost mûr, épandage au potager et sur la pelouse, démarrage d'un nouveau composteur.
  • Juin à août : test de la poignée chaque semaine, arrosage si besoin, couvercle fermé, fruits sucrés recouverts de brun, brassage mensuel.
  • Septembre à novembre : réserve de feuilles mortes, épandage d'automne, démarrage possible, dernier brassage complet avant le froid.
  • Décembre à février : apports continus avec un peu plus de brun, pas de retournement, couvercle et isolation, patience.

Pour les brassages de la belle saison, un aérateur comme le Brass'Compost évite de vider le bac. Nous détaillons les fréquences selon le matériel dans notre fiche Humidité et aération.

Votre lombricomposteur, lui, est bien plus sensible aux températures extrêmes que le composteur de jardin, puisque les vers ne supportent pas le gel : voyez notre fiche Comment protéger son lombricomposteur du froid et de la chaleur.

En résumé

Au printemps, on relance, on récolte et on épand. En été, on surveille l'humidité et on arrose. En automne, on fait le plein de feuilles mortes pour toute l'année. En hiver, on continue d'apporter ses déchets avec un peu plus de brun, on couvre, on isole et on évite de retourner. Le compost ralentit avec le froid, mais il ne s'arrête jamais vraiment : il repart de plus belle dès les premiers beaux jours.

https://www.fermedumoutta.fr/guide/composter-saisons-compost-hiver
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