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Guide pratiqueCompostage

Matières vertes et brunes : trouver le bon équilibre dans son compost (rapport C/N)

Deux seaux à côté d'un composteur en bois : un seau de matières vertes (épluchures, tontes) et un seau de matières brunes (feuilles mortes, carton, copeaux)

Un compost qui sent bon le sous-bois, un autre qui dégage une odeur d'égout : la différence tient très souvent à un seul réglage, l'équilibre entre matières « vertes » et matières « brunes ». C'est le geste le plus important du compostage, et il est beaucoup plus simple qu'il n'y paraît.

Dans cette fiche, nous expliquons ce que l'on entend par vert et brun, ce qu'est le fameux rapport carbone/azote, et surtout la règle pratique à appliquer au quotidien, sans balance ni calculette.

Vert = azote et humidité, brun = carbone et structure

Matières vertes à gauche, matières brunes à droite

Les micro-organismes qui transforment vos déchets ont besoin de deux grands éléments : du carbone, qui leur fournit l'énergie, et de l'azote, qui leur permet de se multiplier. Les déchets se répartissent grossièrement en deux familles selon ce qu'ils apportent.

Les matières vertes (azotées)

Ce sont les déchets frais, mous et humides : épluchures, restes de fruits et légumes, marc de café, tontes de gazon, jeunes pousses, fleurs fanées. Ils se décomposent vite. Seuls, ils se tassent, manquent d'air, rendent du jus et finissent par pourrir.

Les matières brunes (carbonées)

Ce sont les déchets secs, durs et fibreux : feuilles mortes, paille, petites branches broyées, sciure de bois brut, carton brun, papier. Ils se décomposent lentement. Seuls, ils restent secs et presque rien ne se passe.

La couleur n'est qu'un repère : une tonte de gazon séchée au soleil devient plutôt « brune », et un marc de café, bien que brun, se comporte comme une matière verte. Le bon critère est simple : frais et humide, ou sec et fibreux ?

Le rapport C/N, expliqué simplement

Le rapport C/N compare la quantité de carbone et la quantité d'azote contenues dans une matière. Plus il est élevé, plus la matière est « brune ». On situe généralement le mélange idéal autour de 30 pour 1 : environ trente parts de carbone pour une part d'azote.

Voici quelques valeurs indicatives pour les matières courantes. Ce sont des fourchettes, car un même déchet varie selon sa fraîcheur et son origine.

  • Restes de table : 11 à 15 pour 1
  • Tontes de gazon : 15 à 25 pour 1
  • Fumier : 10 à 30 pour 1
  • Déchets de fruits : 25 à 45 pour 1
  • Feuilles mortes : 40 à 80 pour 1
  • Sciure : 100 à 750 pour 1
  • Papier : 200 à 800 pour 1
  • Bois : 200 à 1 300 pour 1

On voit tout de suite pourquoi les épluchures seules pourrissent (pas assez de carbone) et pourquoi un tas de sciure ne bouge pas (pas assez d'azote). En mélangeant les deux familles, on se rapproche naturellement de la bonne zone.

Le saviez-vous ?

Le rapport C/N est un outil pour comprendre, pas pour doser. Personne ne pèse ses épluchures avant de les jeter, et le C/N se calcule en poids, alors que les conseils pratiques parlent de volumes de seaux. Retenez simplement l'ordre de grandeur : il faut nettement plus de « brun » que l'on ne croit.

La règle pratique : un seau pour un seau

Balance en équilibre entre matières vertes (épluchures, tontes) et matières brunes (feuilles mortes, carton, brindilles), au-dessus d'un tas de compost mûrPour le quotidien, visez un mélange d'environ 50 % de déchets humides et 50 % de déchets secs. Traduit de façon très parlante, cela donne : un seau de matière sèche pour un seau de déchets humides. C'est la règle que nous recommandons pour démarrer.

D'autres conseils vont plus loin vers le brun : certains recommandent deux à trois volumes de brun pour un volume de vert, notamment pour décourager les rongeurs, d'autres parlent de 25 à 50 % de matière verte. Ces écarts ne sont pas contradictoires : un déchet de cuisine très humide demande plus de brun qu'une tonte un peu sèche.

Notre position : partez du « seau pour seau », puis ajustez en observant votre compost. S'il sent mauvais ou devient gluant, ajoutez du brun. S'il reste sec et ne bouge pas, ajoutez du vert et un peu d'eau. Le test de la poignée vous dira très vite si l'humidité est bonne.

Le conseil de Willy

Installez un sac ou une poubelle de matière sèche juste à côté du composteur : feuilles mortes, broyat, carton déchiré. Ainsi, à chaque bio-seau vidé, vous avez le bon geste à portée de main, sans aller chercher quoi que ce soit.

Grossier et fin, sec et humide : les autres équilibres

Le vert et le brun ne font pas tout. En pratique, trois mélanges sont à réussir en même temps.

  • Carboné et azoté : c'est l'équilibre vert/brun décrit plus haut.
  • Humide et sec : les déchets humides seuls asphyxient le tas, les secs seuls le bloquent. Le mélange garde une humidité d'éponge essorée.
  • Grossier et fin : les morceaux grossiers (broyat, petites branches) ménagent des poches d'air ; les matières fines (tontes, sciure, épluchures) se tassent facilement. Trop de grossier, le compost se dessèche ; trop de fin, il se colmate.

Le plus simple est de mélanger légèrement chaque nouvel apport avec la couche déjà en place, plutôt que de superposer des couches épaisses d'un seul type de déchet. Les couches alternées fonctionnent sur le papier, mais elles sont difficiles à tenir dans la vraie vie.

Où trouver du « brun » quand on manque de matière sèche ?

Réserve de matière brune : feuilles mortes, carton et paille

En été, ou dans un petit jardin, c'est souvent le brun qui manque. Quelques pistes :

  • Les feuilles mortes de l'automne : stockez-en plusieurs sacs au sec, elles serviront toute l'année.
  • Le carton brun : boîtes d'œufs, rouleaux, cartons d'emballage sans adhésif ni encre brillante, déchirés en morceaux.
  • Le broyat de vos tailles de haie, ou celui que certaines collectivités mettent à disposition : renseignez-vous auprès de votre déchèterie.
  • La paille, et la sciure ou les copeaux de bois brut (jamais de bois traité ou aggloméré).
  • L'essuie-tout et les mouchoirs en papier.

En appartement ou dans un lombricomposteur, le carton joue exactement le même rôle d'éponge et de régulateur : nous l'expliquons dans notre fiche Que peut-on donner à manger aux vers de terre ?

Corriger un déséquilibre

Votre compost vous parle. Voici les signes les plus courants et la correction à apporter :

  • Odeur d'œuf pourri, matière gluante et compacte : trop de vert et pas assez d'air. Ajoutez du brun grossier et brassez.
  • Odeur d'ammoniaque : trop d'azote, souvent après une grosse tonte. Incorporez des feuilles ou du carton.
  • Matière sèche et fibreuse, rien ne bouge : trop de brun et pas assez d'eau. Ajoutez des épluchures ou une tonte fraîche, et arrosez légèrement.
  • Décomposition très lente sans odeur : souvent un excès de carbone, ou simplement le froid de l'hiver.

Un outil comme le Brass'Compost aérateur de compost aide à incorporer la matière sèche au cœur du mélange sans avoir à tout retourner. Pour un diagnostic plus complet des odeurs et des blocages, reportez-vous à notre fiche Compost qui sent mauvais ou qui n'avance pas.

En résumé

Les matières vertes apportent l'azote et l'humidité, les brunes le carbone et la structure. Les spécialistes visent un rapport C/N d'environ 30 pour 1, mais au jardin, une règle suffit : un seau de matière sèche pour un seau de déchets de cuisine, en mélangeant gros et fins morceaux. Gardez toujours une réserve de brun près du composteur, puis ajustez à l'odeur et au toucher.

https://www.fermedumoutta.fr/guide/matieres-vertes-et-brunes-compost
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