

Compost, lombricompost, bokashi ou EM : quelle méthode choisir pour vos déchets ?

Composteur de jardin, lombricomposteur, seau à bokashi, micro-organismes efficaces : quand on veut valoriser ses déchets de cuisine, les solutions ne manquent pas, et les noms peuvent dérouter. Elles ne font pourtant pas toutes la même chose, et elles ne s'adressent pas aux mêmes foyers.
Cette fiche vous aide à y voir clair en quelques minutes : comment chaque méthode fonctionne, à qui elle convient, ce qu'elle produit, et comment les associer. Pour un face-à-face détaillé entre composteur et lombricomposteur, nous vous renvoyons à notre fiche Lombricomposteur ou composteur classique.
Quatre approches, deux familles : décomposer à l'air, ou fermenter
Derrière ces quatre noms se cachent en réalité deux grands procédés.
- La décomposition à l'air : des bactéries, des champignons et de petits animaux digèrent la matière en présence d'oxygène. C'est le principe du compost de jardin et du lombricompostage, dans lequel les vers de compost font l'essentiel du travail.
- La fermentation : dans un seau fermé, sans air, des micro-organismes acidifient les déchets, un peu comme on fait une choucroute. C'est le principe du bokashi. Le résultat n'est pas encore du compost : c'est une matière « pré-digérée » qu'il faut ensuite rendre au sol, au compost ou aux vers.
Les micro-organismes efficaces, ou EM, ne forment pas une cinquième méthode : ce sont des préparations de micro-organismes que l'on utilise pour fabriquer l'activateur du bokashi ou, en appoint, dans un compost.
Le compostage classique : pour qui ?
C'est la méthode de référence dès que l'on dispose d'un bout de jardin. En tas, en bac en bois ou en plastique, ou dans un composteur rotatif, il accepte à la fois les déchets de cuisine et une bonne partie des déchets du jardin : tontes, feuilles, tailles broyées. C'est son grand atout : aucune autre méthode n'absorbe autant de volume.
En contrepartie, il demande de la place à l'extérieur, un contact avec la terre (sauf pour le rotatif) et du temps. Il convient aux maisons avec jardin, aux familles qui cuisinent beaucoup de produits frais et à tous ceux qui veulent un amendement pour leur potager. Nous détaillons les différents matériels dans notre fiche Compost en tas ou en bac, et le cas particulier du tambour dans notre fiche Composteur rotatif.
Le lombricompostage : la solution d'appartement
Dans un lombricomposteur, des vers de compost (des Eisenia, différents des vers de terre du jardin) mangent les déchets de cuisine et produisent un lombricompost très fin ainsi qu'un engrais liquide. Le procédé ne chauffe pas et ne sent pas lorsqu'il est bien conduit, ce qui permet de l'installer dans une cuisine, un cellier ou sur un balcon. C'est d'ailleurs la solution que nous conseillons en priorité aux personnes vivant en appartement.
Pour donner un ordre de grandeur, on estime qu'environ 500 vers digèrent une centaine de grammes de déchets par jour. Un lombricomposteur comme notre Lombricomposteur WORMbox convient donc aux déchets de cuisine d'un foyer, mais pas aux tontes ou aux branches. Les vers ont aussi leurs préférences : notre guide détaille le fonctionnement d'un lombricomposteur et ce qu'ils acceptent.
Le bokashi : fermenter, puis finir au sol ou au composteur
Le bokashi est un seau hermétique dans lequel on tasse ses déchets de cuisine, en saupoudrant à chaque couche un son de céréales fermenté, comme notre Activateur de compost Bokashi EM. Au bout de quelques semaines, les déchets sont fermentés et l'on récupère en cours de route un jus utilisable dilué.
Ses atouts : il tient sous l'évier, ne demande presque pas d'entretien et accepte des restes que le compost de jardin et les vers acceptent mal, comme les petites quantités de viande, de poisson ou de laitages. Sa limite, qu'il faut bien comprendre : ce qui sort du seau n'est pas un compost fini. Il faut l'enfouir dans la terre, le mélanger à un compost ou le donner progressivement à des vers pour que la transformation s'achève. Tout est expliqué dans notre guide du bokashi.
Les micro-organismes efficaces (EM) : un complément, pas une méthode
Les EM sont des mélanges de micro-organismes vendus sous forme liquide, comme la solution mère EM-1. D'après les fabricants, ils associent principalement des bactéries lactiques, des levures et des bactéries photosynthétiques ; la composition déclarée varie d'ailleurs selon les produits. Ils servent surtout à fabriquer l'activateur du bokashi, et certains jardiniers les utilisent en arrosage léger sur un compost qui démarre ou qui sent mauvais.
Soyons honnêtes : un compost bien équilibré en matières vertes et brunes, suffisamment aéré et humide, n'a pas besoin d'additif pour fonctionner. Les EM peuvent aider dans certaines situations, mais ils ne remplacent ni un composteur, ni un lombricomposteur, ni un bokashi. Pour en savoir plus, Emy, notre mascotte des micro-organismes efficaces, vous emmène dans notre guide des micro-organismes efficaces : leurs usages au jardin, à la maison ou avec les animaux, et ce que l'on en sait réellement.
Le saviez-vous ?Le bokashi et le compost de jardin ne s'opposent pas : le premier fait fermenter, le second fait décomposer. En vidant votre seau de bokashi dans votre composteur, vous profitez des deux, et les restes délicats sont déjà acidifiés quand ils arrivent au jardin.
Le comparatif en un coup d'œil
Les durées ci-dessous sont des ordres de grandeur : elles varient beaucoup selon la saison et l'entretien.
Composteur de jardin (bac ou tas)
- Durée : 4 à 9 mois en bac pour un compost prêt à l'emploi, 6 à 12 mois en tas.
- Place : un coin de jardin, sur la terre.
- Déchets : cuisine et jardin, en grand volume.
- Résultat : un compost à épandre au potager, au verger, dans les massifs.
Composteur rotatif
- Durée : environ 6 semaines pour un compost encore frais, puis 3 à 5 mois de maturation en tas.
- Place : une terrasse, une cour, même bétonnée.
- Déchets : cuisine et petits déchets du jardin, sans branches.
- Résultat : un compost frais à laisser mûrir avant usage.
Lombricomposteur
- Durée : environ 4 mois, et un produit prêt à l'emploi.
- Place : quelques dizaines de centimètres au sol, à l'intérieur ou à l'abri.
- Déchets : surtout les déchets de cuisine crus, en quantité modérée.
- Résultat : un lombricompost concentré et un engrais liquide.
Bokashi
- Durée : environ 3 semaines de fermentation, puis une étape de finition dans le sol ou au compost.
- Place : un seau dans la cuisine.
- Déchets : presque tous les restes de cuisine, y compris de petites quantités de viande et de laitages.
- Résultat : un pré-compost à enfouir ou à composter, et un jus à diluer.
Micro-organismes efficaces
- Pas de durée ni de matériel propres : c'est un ingrédient du bokashi et un complément facultatif pour le compost.
Les combiner : bokashi + compost, compost + vers
Beaucoup de foyers n'ont pas à choisir une seule méthode. Quelques associations fonctionnent particulièrement bien :
Bokashi et composteur : le seau reste dans la cuisine et reçoit tous les restes, puis son contenu fermenté rejoint le composteur, où sa décomposition s'achève.
Composteur et lombricomposteur : le composteur absorbe les déchets du jardin, le lombricomposteur traite les épluchures au plus près de la cuisine, même en hiver.
Bokashi et lombricomposteur : pour les citadins, le bokashi permet de traiter les restes que les vers n'aiment pas, puis de leur donner le pré-compost en petites quantités.
À retenirJardin et gros volumes : le composteur. Appartement : le lombricomposteur. Restes délicats ou très peu de place : le bokashi, à finir dans un sol, un compost ou chez les vers. Les EM, eux, restent un coup de pouce.
En résumé
Compost et lombricompost décomposent les déchets à l'air, le bokashi les fait fermenter en vase clos, et les EM sont des micro-organismes d'appoint plutôt qu'une méthode à part entière. Si vous avez un jardin, le composteur reste la base, éventuellement complété par un bokashi pour les restes délicats. En appartement, le lombricomposteur est la solution la plus complète, et le bokashi un bon allié à condition de prévoir où finir son contenu. Choisissez selon votre logement, vos déchets et le temps que vous voulez y consacrer : il n'y a pas de mauvaise méthode, seulement des méthodes plus ou moins adaptées.
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