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Guide pratiqueCompostage

Composter en appartement : toutes les solutions, du lombricomposteur au bokashi

Willy le ver de compost, béret vert sur la tête, sort d'un lombricomposteur sur un balcon d'appartement, à côté d'un seau bokashi, de tomates et d'aromatiques en pot, devant les toits de la ville

Pas de jardin, pas de compost ? C'est l'idée reçue qui décourage le plus de citadins. Pourtant, vivre en appartement ne vous empêche pas de valoriser vos épluchures : il existe plusieurs solutions, certaines à installer chez vous, d'autres à deux pas de votre porte. Aucune n'est parfaite pour tout le monde, et c'est justement l'objet de cette fiche.

Voici leurs atouts et leurs contraintes, pour vous aider à choisir. Pour le détail de chaque méthode, nous vous renvoyons vers nos guides spécialisés.

Pas de jardin : est-ce vraiment possible ?

Oui, et c'est même utile : les biodéchets représentent environ un tiers de nos poubelles. Depuis 2024, la loi impose d'ailleurs aux collectivités de proposer à leurs habitants une solution pour trier leurs biodéchets, que vous ayez un jardin ou non. Nous détaillons ce cadre dans notre fiche sur le tri des biodéchets obligatoire depuis 2024.

Les solutions se rangent en deux familles :

  • chez vous : le lombricomposteur et le bokashi, qui tiennent dans une cuisine ou sur un balcon ;
  • hors de chez vous : le composteur partagé de l'immeuble ou du quartier, et la collecte des biodéchets organisée par votre commune.

Le lombricomposteur : la solution de référence en appartement

Lombricomposteur orange à plateaux posé dans un coin de cuisine d'appartement, plateau du haut ouvert sur le lombricompost, les vers et les épluchuresC'est l'option à privilégier quand on n'a pas de jardin. Des vers de compost (les Eisenia) digèrent vos épluchures dans un bac compact, à température ambiante, sans montée en chaleur. Le lombricomposteur s'installe à l'intérieur ou à l'extérieur, à l'ombre et à l'abri du gel, et il faut compter environ quatre mois avant d'obtenir un compost prêt à l'emploi.

Ses atouts : il fonctionne toute l'année, ne sent pas mauvais s'il est bien équilibré, et produit le lombricompost et le thé de compost, très appréciés des plantes. Sa limite : il n'accepte pas tout. La viande, le poisson, les laitages ou les agrumes en quantité n'y ont pas leur place, et il demande un peu d'attention, comme tout ce qui est vivant.

Nous avons consacré un guide entier au sujet. Pour l'emplacement, commencez par notre fiche Lombricomposteur d'appartement : comment bien l'installer, puis suivez notre méthode pour démarrer votre lombricomposteur étape par étape. Un modèle à plateaux comme le lombricomposteur WORMbox se glisse facilement dans une cuisine.

Le conseil de Willy

Avant d'acheter, renseignez-vous auprès de votre mairie ou de votre intercommunalité : certaines distribuent des lombricomposteurs. La distribution a parfois lieu deux fois par an, avec une courte formation.

Le bokashi : fermenter tous ses restes de cuisine

Seau bokashi ouvert dans une cuisine, rempli de restes de repas tassés et saupoudrés de son, à côté d'une assiette de restes coupésLe bokashi fonctionne sur un tout autre principe. Vos restes de repas sont tassés dans un seau hermétique et saupoudrés d'un activateur, un son fermenté riche en micro-organismes. Sans air, ils ne pourrissent pas : ils fermentent, un peu comme une choucroute. Après deux à trois semaines de seau fermé, vous obtenez une matière acide et stabilisée.

Son grand avantage : il accepte presque tous les restes alimentaires, y compris la viande, le poisson et les laitages en petits morceaux, ce que le lombricomposteur refuse. Il prend peu de place et reste discret, couvercle fermé.

Mais il faut le dire clairement : le bokashi n'est pas un compost fini. La matière fermentée doit encore se décomposer, enfouie dans de la terre, ajoutée à un composteur, donnée en petites quantités à des vers, ou mélangée à de la terre dans un grand bac. En appartement, c'est cette seconde étape qu'il faut organiser avant de se lancer. Autre contrainte : prévoir l'activateur, acheté ou fabriqué soi-même. Tout est expliqué dans notre guide du bokashi, et notre activateur de compost Bokashi EM est prêt à l'emploi.

Le composteur partagé de l'immeuble ou du quartier

Composteurs partagés au pied d'un immeuble

Si vous ne voulez rien installer chez vous, le compostage partagé est une excellente option. Il en existe deux grandes formes : le composteur en pied d'immeuble, réservé aux résidents, et le composteur de quartier, souvent géré par une association dans un jardin partagé ou un espace public, ouvert à certaines heures.

Le principe est simple : vous gardez vos épluchures dans un petit bio-seau en cuisine, puis vous les déposez dans le bac commun, en les couvrant de matière sèche. En échange, vous récupérez une part du compost. Chaque site a sa charte, souvent plus stricte qu'à la maison. Et si aucun composteur n'existe près de chez vous, rien ne vous empêche d'en créer un avec vos voisins : notre fiche Composteur partagé : mode d'emploi détaille les étapes.

La collecte des biodéchets par la commune

C'est la solution la plus simple au quotidien. Selon les communes, la collecte se fait en porte-à-porte, dans un bac dédié, ou en point d'apport volontaire, c'est-à-dire un conteneur spécifique installé dans la rue. Vos biodéchets sont ensuite traités dans des installations industrielles, par compostage ou méthanisation.

Vous ne récupérez pas de compost, mais vos restes ne finissent plus avec les ordures ménagères. Seul équipement utile : un bio-seau en cuisine, idéalement aéré ou muni d'un couvercle, comme la poubelle à compost Urbalive 6L. Pour savoir si la collecte existe chez vous et ce qu'elle accepte, adressez-vous à la collectivité qui gère vos déchets.

Et le composteur électrique ?

On voit de plus en plus d'appareils de cuisine vendus comme des « composteurs électriques ». Le nom est trompeur. En quelques heures, ces machines chauffent, brassent et broient les restes alimentaires : elles les déshydratent, ce qui réduit fortement leur volume et limite les odeurs. Mais il n'y a pas de compostage, c'est-à-dire pas de lente transformation par les êtres vivants du sol.

Ce qui en sort est une matière sèche, stabilisée mais encore immature. Pour nourrir le sol, elle doit à son tour se décomposer : être mélangée à de la terre, ajoutée à un composteur ou à un lombricomposteur, et il est conseillé d'attendre avant de semer ou de planter dessus. Il faut aussi compter avec le prix d'achat (plusieurs centaines d'euros), une consommation électrique de l'ordre d'un kilowattheure par cycle selon les fabricants, et des filtres à remplacer.

Notre avis : c'est un appareil de confort, qui peut rendre service si vous n'avez accès à aucune autre solution et que vous connaissez quelqu'un pour valoriser la matière obtenue. Ce n'est pas un raccourci vers le compost.

Le balcon : un vrai plus

Un balcon ou une terrasse élargit vos options. Le lombricomposteur peut s'y installer, à l'abri de la pluie et du plein soleil d'été. Il existe aussi des lombricomposteurs associés à une jardinière, qui nourrissent directement vos plantes : nous les présentons dans notre fiche Lombricomposteur avec jardinière.

Un composteur rotatif compact peut se poser sur une grande terrasse, mais restons réalistes : il produit un compost frais qui doit encore mûrir trois à cinq mois en tas avant usage, et il devient lourd une fois rempli. En appartement, il convient surtout à ceux qui disposent d'une cour ou d'un coin de terrain.

Quelle solution selon votre logement ?

Pour vous orienter, posez-vous ces quelques questions :

  • Vous avez des plantes, un balcon, et l'envie de produire votre propre engrais ? Le lombricomposteur est fait pour vous.
  • Vous voulez valoriser tous vos restes, viande comprise, et vous avez un débouché (jardin d'un proche, grand bac de terre, composteur qui l'accepte) ? Le bokashi.
  • Vous manquez de temps ou de place, mais un composteur partagé existe près de chez vous ? Rejoignez-le.
  • Rien de tout cela n'est possible ? La collecte de votre commune reste une vraie solution.

Ces solutions se combinent très bien : beaucoup de citadins ont un lombricomposteur pour les épluchures et utilisent la collecte pour les restes que les vers n'acceptent pas.

À retenir

En appartement, le lombricomposteur et le bokashi se font chez soi ; le composteur partagé et la collecte se font à l'extérieur. Le composteur électrique, lui, sèche les déchets mais ne produit pas de compost.

En résumé

Vivre sans jardin n'empêche pas de composter. Le lombricomposteur reste la solution de référence pour transformer ses épluchures chez soi, le bokashi permet de tout fermenter à condition de prévoir la suite, et le composteur partagé comme la collecte communale offrent des alternatives simples sans rien installer. Le composteur électrique, enfin, est un appareil de confort plutôt qu'un vrai composteur. Choisissez selon votre place, vos plantes et votre temps, et n'hésitez pas à combiner plusieurs solutions.

https://www.fermedumoutta.fr/guide/composter-en-appartement-solutions
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