

Récolter et tamiser son compost : méthode, matériel et conservation

Votre compost a passé les tests de maturité : il est sombre, il sent le sous-bois et il s'émiette entre les doigts. Reste à le sortir du composteur sans désorganiser ce qui est encore en cours de décomposition, à l'affiner si besoin, et à le conserver dans de bonnes conditions jusqu'à son utilisation.
Si vous n'êtes pas encore sûr qu'il soit prêt, commencez par notre fiche Comment savoir si son compost est mûr ? Pour les lombricomposteurs, la méthode est différente : elle est détaillée dans notre fiche Récolte du lombricompost et du thé de compost.
Par où récolter ?
Le principe est toujours le même : le compost le plus ancien, donc le plus mûr, se trouve en bas, et les apports récents restent en haut. La façon de l'atteindre dépend de votre matériel.
Dans un bac avec trappe
La plupart des composteurs en bac ont une ou plusieurs trappes au pied des parois. Ouvrez-les et prélevez le compost mûr par le bas, à la pelle ou à la griffe, en laissant le haut continuer son travail. Le contenu descend peu à peu, et vous pourrez revenir récolter quelques mois plus tard.
Dans un bac sans trappe, ou pour tout vider
Retirez la couche supérieure, encore peu décomposée, et mettez-la de côté sur une bâche. Récupérez ensuite le compost mûr du fond. Remettez enfin la matière mise de côté dans le bac : elle repartira pour un nouveau cycle, avec les vers et les micro-organismes qu'elle contient.
Avec deux bacs ou plus
Le premier bac reçoit les déchets frais, le second sert à la maturation. Quand le premier est plein, on transfère son contenu dans le second. Respectez l'ordre d'arrivée des matières lors de ce transfert : les plus anciennes doivent se retrouver au fond. C'est dans ce second bac que vous récolterez le compost mûr.
En tas
Écartez la partie extérieure et le sommet du tas, souvent moins avancés, et prélevez le cœur et la base. Le reste servira à démarrer le tas suivant.
Le cas du composteur rotatif
Avec un rotatif à deux compartiments, on remplit un côté, puis on le laisse tourner sans rien ajouter pendant que l'on remplit l'autre. Quand le premier côté ne contient plus de déchets reconnaissables, videz-le dans une brouette ou un chariot.
Attention : ce que vous obtenez est un compost frais, encore grossier, pas un compost mûr. Laissez-le finir sa maturation en tas pendant 3 à 5 mois, ou étalez-le sur un sol nu à l'automne. Utilisé trop tôt au pied des plantes, il peut les faire jaunir. Mis en tas à même la terre, il pourra être colonisé par les vers du sol, qui ne peuvent pas vivre dans le tambour. Tous les détails sont dans notre fiche Composteur rotatif : fonctionnement et vraies limites.
Le tamisage : pour quels usages ?
Tamiser n'est pas obligatoire. Pour un paillage, pour enrichir le pied des arbres ou pour griffer le compost en surface au potager, un compost non tamisé convient très bien. Le tamisage devient utile quand vous avez besoin d'une matière fine et régulière : épandage sur la pelouse, mélanges pour semis et rempotage, jardinières.
Le matériel
Un simple cadre en bois tendu de grillage fait l'affaire. Pour un usage courant, des mailles d'environ 1 cm donnent un bon résultat, avec un compost assez fin pour la pelouse et les pots. Pour un terreau de semis très fin, vous pouvez repasser le compost dans un tamis à main aux mailles plus serrées.
La méthode
Appuyez le cadre en biais contre un mur ou posez-le sur une brouette ;
projetez le compost dessus à la pelle, ou frottez-le à la main gantée ;
récupérez le compost fin qui passe au travers, et mettez de côté les refus ;
recommencez par petites quantités plutôt qu'en une seule fois.
Le conseil de WillyTamisez par temps sec, sur un compost qui a ressuyé quelques jours sous un couvercle. Un compost détrempé colle au grillage et bouche les mailles ; un compost simplement frais au toucher passe beaucoup plus facilement.
Pensez à porter des gants, et un masque anti-poussière si le compost est sec : c'est une précaution simple contre des risques sanitaires rares mais réels. Lavez-vous les mains après la récolte, comme pour tout travail au jardin.
Que faire des morceaux restés grossiers ?
Coquilles d'œufs, noyaux, trognons de chou, bouts de branches : ces refus ne sont pas des déchets, ce sont des matières qui ont simplement besoin d'un ou deux cycles de plus. Vous avez deux options :
- les remettre dans le composteur, sur le compost en cours. Riches en micro-organismes et en matière carbonée, ils aident à relancer la décomposition et à équilibrer le mélange ;
- les utiliser en paillage, au pied des arbustes, des haies ou dans les allées du potager.
Seuls les éléments qui n'auraient jamais dû s'y trouver, comme les étiquettes plastique des fruits ou un sachet oublié, partent à la poubelle.
Stocker son compost mûr
L'idéal est d'utiliser son compost dans les semaines qui suivent la récolte. Si vous devez le garder plus longtemps, deux ennemis le guettent : la pluie, qui entraîne ses éléments nutritifs vers le sol, et la sécheresse, qui fait mourir sa vie microbienne.
Pour quelques semaines à quelques mois, mettez-le en tas et couvrez-le d'une bâche maintenue par quelques pierres, ou d'une couche d'une dizaine de centimètres de paille ;
pour de petites quantités, un bac ou une poubelle au couvercle simplement posé, non hermétique, convient très bien ;
en stockage long, vérifiez de temps en temps qu'il reste légèrement humide, et brassez-le si besoin.
Pour transporter votre récolte jusqu'au potager sans la porter à bout de bras, notre chariot récupérateur de compost 55 litres se glisse au pied du composteur.
Composteur partagé : la récolte collective
Dans un composteur de pied d'immeuble ou de quartier, on ne récolte pas chacun dans son coin. La récolte est organisée par les référents du site, quand le bac de maturation est prêt. C'est souvent un moment convivial : on tamise ensemble, on partage le compost entre les participants, et l'on remet les refus dans le bac d'apport. Si votre immeuble n'a pas assez d'espaces verts pour tout utiliser, le surplus peut profiter aux jardinières des parties communes ou à un jardin partagé voisin. Nous détaillons l'organisation de ces sites dans notre fiche Composteur partagé : mode d'emploi.
À retenirRécoltez toujours par le bas, là où se trouve le compost le plus ancien. Tamisez seulement pour les usages qui demandent un compost fin, remettez les refus au composteur, et protégez votre récolte de la pluie si vous la stockez.
En résumé
Récolter son compost, c'est aller chercher la matière la plus ancienne, au fond du bac, par la trappe ou en mettant de côté la couche du dessus. Le compost d'un rotatif, lui, doit encore mûrir quelques mois en tas. Le tamisage, avec un grillage d'environ 1 cm, n'est utile que pour la pelouse, les semis et les pots ; les morceaux grossiers repartent simplement au composteur. Couvert et légèrement humide, votre compost attendra sans problème le moment de rejoindre le jardin : pour les bonnes doses, rendez-vous dans notre fiche Utiliser son compost au jardin.
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