

Bokashi qui sent mauvais, trop de jus, moucherons : diagnostiquer et réparer son seau

Un bokashi qui fonctionne bien se fait oublier : couvercle fermé, il ne sent presque rien dans la cuisine, et à l'ouverture il dégage une odeur aigre, un peu comme un bocal de cornichons. Quand l'odeur devient franchement désagréable, que le seau déborde de jus ou que des moucherons tournent autour, c'est qu'un réglage a dérapé.
Bonne nouvelle : les causes sont presque toujours les mêmes, l'air, l'humidité et la quantité de son, et rien n'est perdu tant que vous réagissez vite. Voici comment poser le bon diagnostic, symptôme par symptôme.
Odeur normale et odeur anormale : apprendre à faire la différence
La première étape est de savoir ce qui est normal. Un bokashi en bonne santé sent :
l'aigre, le vinaigre, le cornichon ou la choucroute ;
parfois le cidre, la bière ou une légère note alcoolisée ;
de façon assez marquée à l'ouverture, surtout quand on vidange le jus, qui a toujours une odeur plus forte que le contenu.
Une odeur anormale, elle, ne trompe pas : œuf pourri, viande avariée, chou pourri, égout, ou une odeur piquante d'ammoniac. Elle signale que les déchets commencent à pourrir au lieu de fermenter.
Le saviez-vous ?Même un seau qui a pris une odeur désagréable peut presque toujours être rattrapé. Tant que les moisissures colorées n'ont pas envahi la surface, quelques gestes suffisent à relancer la fermentation lactique.
Odeur putride, d'œuf pourri ou d'ammoniac : causes et remèdes
Les causes
Trop d'air : couvercle mal fermé, joint sale ou abîmé, robinet resté ouvert, ouvertures trop fréquentes, déchets pas assez tassés.
Trop peu de son : une couche non recouverte suffit à laisser la place à la putréfaction.
Trop d'humidité : c'est la cause la plus fréquente. Un contenu détrempé sent mauvais.
Un jus qui stagne : laissé trop longtemps au fond du seau, il finit par pourrir.
Trop de chaleur : soleil direct, proximité d'un four ou d'un radiateur.
Beaucoup de protéines d'un coup : une odeur d'ammoniac apparaît souvent quand on ajoute une grosse quantité de viande, de poisson ou de fromage sans augmenter la dose de son.
Que faire ?
Saupoudrez une bonne poignée de son sur toute la surface.
Tassez fermement. Ne remuez jamais le contenu : vous y feriez entrer de l'air et l'odeur empirerait.
Vidangez le jus chaque jour pendant quelques jours.
Vérifiez le joint du couvercle et nettoyez le rebord.
Pour les ajouts suivants, coupez les déchets plus petit et soyez plus généreux en son.
Si des moisissures vertes, bleues ou noires accompagnent l'odeur, suivez plutôt notre fiche Moisissures dans le bokashi, qui explique quand un seau peut être rattrapé et quand il vaut mieux l'éliminer.
Trop de jus, contenu détrempé ou visqueux
La quantité de jus dépend surtout de ce que vous mettez dans le seau. Les fruits et les légumes en libèrent beaucoup ; le pain, le riz et les pâtes très peu. Un contenu qui baigne dans le liquide ou qui devient visqueux a généralement l'une de ces causes : des épluchures détrempées, des restes en sauce ou de la soupe, un jus pas assez vidangé, ou une grille bouchée qui ne laisse plus rien s'écouler.
Vidangez tous les jours tant que le jus coule en abondance, puis tous les deux ou trois jours.
Égouttez avant d'ajouter : laissez les épluchures lavées et les restes humides s'égoutter quelques minutes dans l'évier. Pas de liquides dans le seau : ni soupe, ni lait, ni fond de sauce.
Ajoutez un absorbant : un peu plus de son, du papier journal non glacé déchiré, une boîte à œufs en carton, du carton brun ou un morceau de pain sec. Évitez les papiers brillants et les magazines.
Débouchez le drainage si le jus ne descend plus : glissez une longue lame le long de la paroi jusqu'à la grille pour rouvrir un passage, sans retourner le contenu.
Un indice qui ne trompe pas : de la condensation sous le couvercle. C'est le signe que le contenu est trop humide, souvent avant même que l'odeur n'apparaisse.
Le conseil d'EmyMettez une demi-feuille de papier journal froissée au fond du seau, sur la grille, avant la première couche. Elle absorbe l'excès de jus et évite que les petits morceaux ne bouchent les trous.
À l'inverse, un seau qui ne donne presque pas de jus n'a rien d'anormal, surtout l'hiver ou avec des déchets secs. Tous les gestes de vidange sont détaillés dans la fiche Entretenir son bokashi.
Aucune odeur de fermentation
Votre seau ne sent rien, ni bon ni mauvais, et rien ne semble se passer ? Trois causes sont possibles :
Un son trop vieux ou mal conservé, resté à l'humidité ou ouvert trop longtemps. Un bon son sent la levure ou l'aigre ; s'il sent le moisi ou ne sent plus rien, remplacez-le. Voyez la fiche Le son de bokashi.
Le froid : la fermentation ralentit nettement au frais. Rentrez le seau dans une pièce chauffée, idéalement entre 18 et 25 °C.
Trop peu de son : augmentez la dose à chaque couche.
Laissez ensuite le temps faire : il faut souvent une à deux semaines pour que l'odeur aigre s'installe franchement.
Moucherons ou mouches
Un seau bien fermé ne laisse pas entrer d'insectes. Si des moucherons apparaissent, c'est qu'ils ont trouvé un accès ou qu'ils ont été apportés avec les déchets. Les petites mouches du vinaigre sont attirées par les odeurs de fruits mûrs et de fermentation, et elles pondent volontiers sur les épluchures laissées à l'air libre.
Fermez bien le couvercle et vérifiez le joint ; nettoyez le rebord, où des restes collés attirent les insectes.
Recouvrez chaque couche de son aussitôt, pour qu'aucun déchet ne reste à nu.
Videz souvent votre petite poubelle de cuisine : c'est elle qui attire les moucherons, bien plus que le seau.
Posez un piège près du seau : un petit verre de vinaigre de cidre avec une goutte de liquide vaisselle.
Si vous découvrez des larves (asticots), des mouches ont pondu dans le seau lors d'une ouverture ou par une fuite. Quelques larves en surface : retirez-les, ajoutez du son, tassez, et refermez soigneusement. Si elles sont nombreuses, enfouissez tout le contenu profondément au jardin, rincez le seau et recommencez.
Seau gonflé, couvercle qui force
Un couvercle bombé ou qui « souffle » à l'ouverture n'a rien d'alarmant. La fermentation produit un peu de gaz, surtout avec des déchets sucrés comme les fruits ou le pain. Si l'odeur reste aigre, ouvrez brièvement le couvercle pour laisser sortir le gaz, refermez aussitôt, et vérifiez que le robinet n'est pas bouché. Un couvercle qui force n'est inquiétant que s'il s'accompagne d'une odeur putride.
Si vous avez aussi un lombricomposteur, gardez en tête que ses odeurs ne se traitent pas de la même façon : notre fiche Mauvaise odeur dans le lombricomposteur vous guidera.
Récapitulatif : le dépannage en un coup d'œil
- Odeur aigre, de vinaigre ou de cornichon : tout va bien, continuez.
- Odeur putride ou d'œuf pourri : son en plus, tassage, vidange quotidienne, joint vérifié.
- Odeur d'ammoniac : davantage de son sur la viande, le poisson et les laitages.
- Contenu détrempé, condensation sous le couvercle : vidange, déchets égouttés, papier journal ou carton.
- Aucune odeur : son à remplacer, seau à rentrer au chaud, dose à augmenter.
- Moucherons : couvercle et rebord à vérifier, petite poubelle vidée plus souvent.
- Asticots nombreux : contenu enfoui profondément, seau rincé, nouveau départ.
- Couvercle bombé, odeur aigre : gaz de fermentation, sans gravité.
À retenirPresque tous les problèmes du bokashi viennent de trois réglages : trop d'air, trop d'eau ou pas assez de son. Tasser, vidanger et saupoudrer généreusement règlent l'immense majorité des cas.
Pour limiter les ennuis dès le départ, un bon son fait la différence : notre activateur de compost Bokashi EM, fabriqué à la ferme, se conserve au sec dans une boîte bien fermée.
En résumé
Un bokashi sain sent l'aigre à l'ouverture et presque rien couvercle fermé. Une odeur putride ou d'ammoniac signale de l'air, trop d'humidité, un jus qui stagne ou un manque de son : ajoutez du son, tassez sans jamais remuer, vidangez chaque jour et vérifiez le joint. Contre l'excès de jus, égouttez les déchets et ajoutez du papier ou du carton. Les moucherons viennent surtout de la petite poubelle de cuisine et d'un couvercle mal fermé, et un couvercle bombé n'est que le gaz de la fermentation. Dans presque tous les cas, le seau se rattrape.
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