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Guide pratiqueBokashi

Son de bokashi (activateur EM) : rôle, dosage, conservation, et acheter ou fabriquer

Sachet de notre activateur bokashi ouvert sur une table de ferme, à côté d'un bol de son de blé fermenté, d'une cuillère doseuse et d'une bouteille de mélasse

Dans un bokashi, le seau fait le contenant, mais c'est le son qui fait le travail. Ce petit mélange brun, à l'odeur de levure, apporte les micro-organismes qui vont faire fermenter vos déchets au lieu de les laisser pourrir. Sans lui, pas de fermentation fiable.

Qu'y a-t-il dedans ? Pourquoi est-il indispensable ? Combien en mettre, et comment savoir s'il est encore bon ? Voici tout ce qu'il faut savoir sur l'activateur, pour en mettre assez sans le gaspiller.

Qu'est-ce que le son de bokashi ?

Kit pour fabriquer son activateur Bokashi : sacs de son de blé, flacon d'EM-1, bouteille de mélasse et cuillère doseuseLe son de bokashi, qu'on appelle aussi activateur, starter ou « grains de bokashi », est un support sec chargé de micro-organismes de fermentation. Le plus souvent, il est fabriqué à partir de :

  • son de blé, l'enveloppe des grains, qui sert de support : il est léger, absorbant et offre une grande surface aux micro-organismes. Certains fabricants utilisent aussi du son de riz, des balles d'épeautre ou de la sciure ;
  • micro-organismes efficaces (EM), un mélange dominé par des bactéries lactiques, auxquelles les fabricants associent des levures et des bactéries photosynthétiques ;
  • mélasse, un sirop issu de la betterave ou de la canne, qui nourrit les micro-organismes au démarrage ;
  • eau non chlorée.

Le mélange humide est tassé à l'abri de l'air et fermente pendant plusieurs semaines, comme un petit bokashi. Les micro-organismes s'y multiplient, puis le son est souvent séché pour se conserver. Notre Activateur de compost Bokashi EM est fabriqué ainsi, chez nous, à la ferme, puis légèrement séché : il se conserve deux ans, et sa date de fabrication est indiquée sur le sachet. Pour savoir ce que sont exactement les EM et les différents produits de la gamme, consultez notre fiche EM-1, EM-A, Microferm : bien choisir son produit EM.

Le saviez-vous ?

Une fois séché, le son ne fermente plus : ses micro-organismes passent en quelque sorte en sommeil. C'est l'humidité de vos déchets qui les réveille, quand vous le saupoudrez dans le seau. Voilà pourquoi un son bien sec se conserve des mois, alors qu'un son resté humide évolue et s'abîme plus vite.

Pourquoi on ne peut pas s'en passer

Vos déchets portent déjà des milliers de microbes, dont certaines bactéries lactiques. Mais ils portent aussi des bactéries de la putréfaction, surtout sur la viande, le poisson et les restes un peu avancés. Dans un seau fermé, c'est une course de vitesse : les premières à s'imposer donnent le ton.

Le son fait pencher la balance du bon côté, de trois façons :

  • il ensemence massivement chaque couche en bactéries lactiques, qui acidifient le milieu dès les premiers jours ;
  • il apporte un peu de nourriture facile à utiliser, grâce à la mélasse et au son ;
  • il absorbe une partie de l'humidité en surface, là où le contact avec l'air est le plus grand.

Sans activateur, un seau de déchets fermé risque de sentir l'œuf pourri ou l'égout au lieu du cornichon. Il existe des alternatives maison, à base de sérum lactique par exemple, mais leurs résultats sont plus irréguliers : il faut alors en mettre davantage.

Combien en mettre ?

La dose de base

Les notices et les guides donnent des doses différentes : une cuillère de 20 ml par ajout pour certains, deux cuillères à soupe pour d'autres, ou encore une à deux cuillères à soupe par litre de déchets. Toutes ces recommandations tournent autour du même ordre de grandeur. Nous conseillons :

  • au fond du seau vide : une dose de 20 ml sur la grille ;
  • à chaque couche de déchets de 3 à 5 cm : une dose de 15 à 20 ml, soit environ une cuillère à soupe bien remplie, ou une petite poignée, répartie sur toute la surface ;
  • sur la dernière couche, quand le seau est plein : une dose double.

Notre Cuillère de dosage 20 ml évite d'avoir à réfléchir. Les gestes complets sont décrits dans notre fiche Démarrer son premier seau de bokashi.

Quand en mettre davantage

  • Viande, poisson, fromage, œufs : ces restes riches en protéines sont les plus fragiles. Soyez nettement plus généreux sur ces couches. Notre fiche Quels déchets mettre dans un bokashi détaille les précautions à prendre avec eux.
  • Déchets très humides : melon, pastèque, agrumes pressés, salade, restes de légumes cuits.
  • En hiver, quand la pièce est fraîche : les micro-organismes travaillent plus lentement.
  • Au moindre signe de dérive : odeur qui devient désagréable, taches de moisissure colorées. Une bonne dose de son, puis un tassage soigneux, rattrapent souvent la situation. Notre fiche Moisissures dans le bokashi vous aidera à faire le tri.

Et si j'en mets trop ?

Cuillère de dosage de 20 ml pour le son de bokashiUn excès de son ne nuit pas à la fermentation : il est simplement gaspillé, et il ajoute un peu de matière sèche au seau. Dans le doute, mieux vaut donc en mettre un peu plus que pas assez, sans pour autant enfouir chaque couche sous une épaisse croûte.

À titre de repère, on compte 2 à 6 kg de son par an pour une famille de quatre personnes : un sac de 1 kg dure donc de deux à six mois environ, et plutôt six mois pour un foyer de deux personnes. Avec une main très généreuse ou beaucoup de viande, de poisson et de restes humides, il peut ne durer qu'un mois.

À retenir

La bonne dose : environ 20 ml de son par couche de 3 à 5 cm de déchets, davantage pour la viande, le poisson, les déchets humides et en hiver. Dans le doute, un peu plus plutôt qu'un peu moins.

Reconnaître un son en bon état

Un bon activateur se reconnaît d'abord au nez. Il sent la levure, le pain, la bière ou une note aigre-douce, parfois légèrement alcoolisée. Il est sec ou à peine humide, de couleur brune, et s'émiette facilement. Quelques filaments ou un léger voile blanc ne sont pas inquiétants : c'est la trace de la fermentation.

Remplacez votre son s'il présente l'un de ces signes :

  • il sent le moisi, le renfermé ou le pourri ;
  • il ne sent plus rien du tout : les micro-organismes sont probablement trop affaiblis ;
  • il porte des moisissures vertes, bleues ou noires ;
  • il est devenu humide et collant, ou forme des blocs compacts.

Un son douteux ne doit pas aller dans le seau, où il risquerait de lancer une mauvaise fermentation. Vous pouvez en revanche l'éparpiller sur votre composteur de jardin.

Bien le conserver

  • Dans un récipient hermétique : son sachet d'origine bien refermé, une boîte à couvercle ou un bocal.
  • Au sec : l'humidité est son principal ennemi, car elle relance la fermentation dans le sac.
  • À l'abri de la lumière et de la chaleur : un placard frais plutôt que le rebord de fenêtre ou le dessus du four.
  • Pas trop longtemps : séché et bien stocké, un son se conserve un à deux ans selon les fabricants. Le nôtre se garde deux ans à partir de la date de fabrication indiquée sur le sachet ; pour un son fait maison, comptez plutôt un an.
Le conseil d'Emy

Puisez toujours le son avec une cuillère bien sèche et refermez le sac aussitôt après. Une cuillère mouillée ou un sac laissé ouvert près de l'évier suffisent à faire prendre l'humidité à tout le paquet.

Acheter ou fabriquer ?

Activateur de compost Bokashi EM

Acheter un activateur prêt à l'emploi est la solution la plus simple pour débuter : la fermentation est déjà maîtrisée, et le son est sec et régulier. C'est ce que nous conseillons pour les premiers seaux.

Fabriquer son propre son devient intéressant quand on pratique régulièrement, ou à plusieurs. Il faut du son de blé, de l'EM-1, de la mélasse, de l'eau non chlorée et trois semaines de fermentation sans ouvrir, puis un séchage. Notre Kit pour fabriquer votre activateur Bokashi & Compost réunit les ingrédients, et toute notre recette, pas à pas, se trouve dans notre fiche Fabriquer son activateur bokashi maison.

Enfin, si vous vous demandez ce que les micro-organismes apportent réellement, au-delà du démarrage de la fermentation, notre fiche Bokashi et EM : ce que dit la science fait le point sans exagération.

En résumé

Le son de bokashi est un son de blé fermenté avec des micro-organismes efficaces et de la mélasse, généralement séché pour se conserver. Il est indispensable, car il ensemence chaque couche en bactéries lactiques et donne à la fermentation l'avance qu'il lui faut sur la putréfaction. Comptez environ 20 ml par couche de 3 à 5 cm, davantage pour la viande, le poisson, les déchets humides et en hiver. Un bon son sent la levure ou l'aigre-doux ; s'il sent le moisi ou plus rien, remplacez-le. Gardez-le au sec, au frais, à l'abri de la lumière et bien fermé : il se garde jusqu'à deux ans pour le nôtre (date de fabrication sur le sachet), environ un an pour un son maison.

https://www.fermedumoutta.fr/guide/son-bokashi-activateur-em-dosage-conservation
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