

Que mettre dans un bokashi ? La liste complète des déchets acceptés et interdits

« Est-ce que je peux mettre ça dans mon bokashi ? » C'est la question que tout le monde se pose devant son seau, un reste de poulet ou une peau d'orange à la main. Et c'est souvent la raison pour laquelle on a choisi le bokashi : il accepte bien plus de choses qu'un composteur ou un lombricomposteur.
Il a tout de même ses limites. Voici la liste complète, avec à chaque fois la raison : une fois qu'on a compris ce qui gêne la fermentation, on n'a plus besoin d'apprendre la liste par cœur.
Le principe : tous les restes alimentaires solides
Le bokashi est une fermentation lactique, sans air, menée par des bactéries qui ont besoin de sucres, d'un peu d'humidité et d'un milieu bien tassé. Tout ce qui se mange, ou presque, leur convient, cru ou cuit, frais ou un peu défraîchi.
Ce qui pose problème, ce sont trois choses : l'excès de liquide, qui noie la fermentation et la fait tourner à la putréfaction ; ce qui ne se décompose pas, ou très lentement ; et ce qui n'est pas un aliment. Retenez ces trois familles, et vous saurez trancher dans presque tous les cas.
Oui, sans hésiter
Fruits et légumes, crus ou cuits : épluchures, trognons, fanes, pépins, fruits abîmés, salade fatiguée.
Restes de repas : pâtes, riz, purée, gratins, pizza, légumes cuisinés, bien égouttés.
Pain, gâteaux, biscuits, céréales. Le pain sec a même l'avantage d'absorber un peu l'humidité.
Marc de café, avec son filtre en papier, et feuilles de thé en vrac.
Œufs et coquilles d'œufs, de préférence écrasées : les coquilles ne fermentent pas, mais elles finiront par se déliter dans la terre.
Noix, noisettes, graines et leurs coques fines.
Fleurs coupées fanées et petits végétaux de la maison, coupés en morceaux.
Coupez simplement tout en morceaux de 3 à 4 cm au plus, comme nous l'expliquons dans notre fiche Démarrer son premier seau de bokashi.
Le saviez-vous ?Beaucoup de sachets de thé contiennent une petite part de plastique, qui sert à souder le papier ou à le rendre plus solide, et qui ne se dégrade ni dans le seau ni dans la terre. Déchirez le sachet, versez les feuilles dans le bokashi et jetez l'enveloppe, sauf si l'emballage indique clairement qu'elle ne contient pas de plastique.
Viande, poisson, fromage, petits os : oui, avec quelques précautions
C'est l'atout du bokashi. Dans un seau hermétique, ces restes fermentent au même titre que les légumes, à l'abri des mouches et des rongeurs. Restes de viande crue ou cuite, peaux et arêtes de poisson, croûtes et morceaux de fromage, yaourt un peu épais, os de poulet ou de lapin : tout cela peut y aller.
Quelques précautions font la différence :
Saupoudrez davantage de son sur ces restes riches en protéines, plus fragiles. Notre fiche Le son de bokashi explique comment ajuster la dose.
Coupez petit et répartissez-les entre des couches de végétaux plutôt que de tout mettre d'un coup.
Égouttez les plats en sauce et laissez de côté le lait et les fromages très coulants.
Carapaces de crevettes : laissez-les sécher un peu et saupoudrez-les généreusement.
Au moment d'enfouir, creusez bien et recouvrez entièrement : la fermentation ne rend pas ces restes inintéressants pour les animaux du jardin.
Si vous débutez, rien ne vous empêche de commencer par un ou deux seaux de végétaux pour prendre la main, puis d'ajouter progressivement les restes de viande et de poisson.
Agrumes, oignons, ail : pourquoi ça passe ici
Dans un lombricomposteur, on limite les agrumes, l'oignon, l'ail et l'échalote, parce que les vers les supportent mal, comme nous l'expliquons dans notre fiche Que donner à manger aux vers. Le bokashi ne fonctionne pas avec des vers, mais avec des bactéries lactiques qui vivent justement en milieu acide. L'acidité des agrumes ne les gêne pas, et l'expérience montre que l'oignon et l'ail fermentent sans difficulté.
Peaux d'orange, de citron, de pamplemousse, oignons, ail, poireaux : tout cela va dans le seau. Seule précaution, si vous en avez beaucoup d'un coup, après une séance de confitures ou de jus pressés : alternez-les avec d'autres déchets plutôt que d'en faire une couche épaisse.
Si vous comptez ensuite donner votre bokashi à des vers, gardez à l'esprit qu'il les contiendra : allez-y progressivement, comme expliqué dans notre fiche Bokashi et lombricomposteur.
À éviter, ou à limiter
Les liquides : soupe, lait, jus, vinaigre, bouillon, fond de sauce, eau de cuisson. Ils noient la fermentation. Égouttez les restes avant de les mettre dans le seau.
L'huile et les graisses en quantité : un peu d'huile sur une salade ne pose aucun problème, une friteuse ou un pot de graisse, si.
Les gros os (bœuf, porc, gigot) : ils mettent des années à disparaître dans le sol. Mettez-les à la poubelle, ou cassez-les si vous tenez à les garder.
Les coquilles de moules, d'huîtres, de coquillages : elles ne se décomposent pour ainsi dire jamais.
Les gros noyaux (avocat, pêche, mangue) : ils passent, mais resteront visibles très longtemps dans la terre.
Les aliments déjà pourris ou très moisis : ils apportent en masse des microbes de putréfaction qui peuvent faire tourner tout le seau. Une petite tache de moisi sur une tranche de pain n'est pas grave ; une barquette de fraises en bouillie, si.
Le papier et le carton en quantité : leur place est au recyclage ou au composteur. Un peu d'essuie-tout, une serviette en papier, du papier journal déchiré ou un morceau de boîte à œufs, pour absorber un excès d'humidité, sont en revanche tolérés. Évitez le papier glacé et les imprimés en couleur.
Le conseil d'EmyGardez quelques croûtes de pain rassis ou un morceau de boîte à œufs près du seau. Le jour où vous ajoutez des restes très juteux, glissez-en un peu dessous : ils absorbent l'excès d'humidité sans gêner la fermentation.
Jamais dans le seau
Plastique, verre, métal, étiquettes de fruits, élastiques, ficelles.
Les emballages et sacs dits « compostables » : ils ont besoin d'un compostage industriel, à température élevée, pour se dégrader. Ils ressortiraient intacts du seau et de la terre.
Les déjections et litières d'animaux : chats et chiens en particulier, pour des raisons sanitaires.
Les cendres de bois ou de charbon.
Les plantes malades : la fermentation n'offre aucune garantie d'éliminer les maladies, et vous risqueriez de les remettre au jardin.
Les mauvaises herbes montées en graines : rien ne prouve que deux semaines de fermentation tuent toutes les graines, vous pourriez les ressemer en enfouissant votre bokashi.
Les médicaments et produits chimiques, y compris les fonds de produits ménagers.
Les déchets du jardin en volume, tontes, feuilles mortes et branches : ils vont au composteur. Notre fiche Que mettre dans son composteur vous aidera à les y gérer.
Le cas des restes très salés
Les plats cuisinés, les charcuteries, les fromages affinés, les chips ou les restes de saumure sont plus salés que des épluchures. Ils fermentent sans problème, mais le sel se retrouve en partie dans le jus. Des analyses de jus de bokashi ont montré que le jus issu de restes de repas contenait nettement plus de sodium et de chlore que celui issu d'épluchures.
Si vous utilisez le jus pour vos plantes, surtout en pots et en jardinières où le sel s'accumule, mieux vaut donc limiter les restes très salés. Et de la même façon, au jardin, évitez d'enfouir toujours au même endroit le contenu de seaux très riches en plats cuisinés : changez d'emplacement à chaque fois. Rappelons que le jus se dilue toujours, au moins à 1 pour 100, et s'arrose au pied, jamais sur les feuilles. Si votre seau dégage une odeur inhabituelle après des ajouts de ce type, notre fiche Mauvaises odeurs, trop de jus, moucherons vous aidera à rectifier.
À retenirDans le bokashi, tout ce qui se mange va dans le seau, cru ou cuit, viande et agrumes compris. On écarte ce qui est liquide, ce qui ne se décompose pas et ce qui n'est pas un aliment.
En résumé
Le bokashi accepte presque tous les restes alimentaires solides : fruits et légumes, restes de repas, pain, marc de café, viande, poisson, fromage, petits os, agrumes, oignon et ail. Pour réussir, coupez petit, égouttez, et saupoudrez un peu plus d'activateur, comme notre Activateur de compost Bokashi EM, sur les restes riches en protéines. Laissez de côté les liquides, l'huile en quantité, les gros os, les coquillages et les aliments déjà pourris. Et n'y mettez jamais de plastique, d'emballages « compostables », de déjections, de cendres ni de plantes malades. Si vous utilisez le jus au jardin, limitez simplement les restes très salés.
Scannez le code ou rendez-vous sur fermedumoutta.fr/guide : toutes nos fiches pratiques, avec les liens vers les produits cités.





































