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Fabriquer son seau à bokashi soi-même : deux seaux, des trous, un robinet et une bonne étanchéité

Matériel pour fabriquer un seau à bokashi soi-même sur un établi : deux seaux alimentaires, dont un percé au fond, perceuse, robinet, papier de verre et presse-purée

Un seau à bokashi n'a rien de compliqué : un récipient hermétique, un fond percé qui laisse s'écouler le jus, et un espace en dessous pour le recueillir. Avec deux seaux de récupération, une perceuse et une heure devant vous, vous pouvez fabriquer le vôtre pour quelques euros.

Le bricolage est simple ; l'étanchéité, elle, demande du soin. C'est elle qui fait la différence entre un seau qui fermente proprement et un seau qui sent mauvais. Voici la méthode pas à pas, les pièges à éviter et une comparaison honnête avec un seau du commerce.

Le principe : deux seaux emboîtés

Coupe d'un seau à bokashi fait maison : seau du haut percé rempli de déchets, espace pour le jus entre les deux fonds et robinet en basLe montage classique utilise deux seaux identiques, glissés l'un dans l'autre :

  • le seau du haut, percé au fond, reçoit les déchets et le son ;
  • le seau du bas, intact, recueille le jus qui s'écoule par les trous ;
  • un couvercle hermétique ferme l'ensemble.

En option, un robinet posé en bas du seau extérieur permet de vidanger le jus sans rien démonter. Comme pour un modèle du commerce, il vous faudra idéalement deux ensembles : l'un se remplit pendant que l'autre fermente, comme nous l'expliquons dans la fiche Pourquoi utiliser deux seaux à bokashi ? Sur le schéma : le seau du haut percé, qui reçoit les déchets (1), l'espace où le jus s'écoule (2) et le robinet de vidange (3).

Le matériel

  • Deux seaux identiques de 10 à 20 litres, qui s'emboîtent bien, avec au moins un couvercle qui ferme hermétiquement, idéalement muni d'un joint. Choisissez des seaux alimentaires (marqués du logo verre et fourchette) : boulangeries, pizzerias, traiteurs ou restaurants en jettent souvent. Évitez les seaux qui ont contenu de la peinture, de l'enduit ou des produits chimiques.
  • Une perceuse avec un foret de 3 à 6 mm, et un cutter ou une scie cloche si vous posez un robinet.
  • Un robinet en plastique (facultatif), avec son joint et son écrou : un robinet de fût, de bonbonne à eau ou de cubitainer de vin fait très bien l'affaire, tout comme ceux vendus pour la bière maison.
  • Un presse-déchets : presse-purée, couvercle de casserole plus petit que le seau, ou assiette en plastique.
  • Du papier de verre pour ébavurer les trous.

Pour la taille, comptez environ 10 litres pour une ou deux personnes et 15 litres pour trois ou quatre : l'idéal est de remplir le seau en deux semaines environ.

Percer le seau du haut

Retournez le seau qui recevra les déchets et percez une vingtaine à une trentaine de trous de 3 à 5 mm, bien répartis sur tout le fond. Inutile d'être très précis : les tutoriels vont d'une trentaine de petits trous de 3 mm à une quinzaine de trous de 6 à 8 mm. Plus les trous sont petits, plus il en faut, mais moins les déchets passent au travers. Deux précautions :

  • ne percez pas trop près du bord ni trop serré : un fond criblé de trous rapprochés peut se fendre ;
  • ébavurez chaque trou au papier de verre, pour que les petits morceaux de plastique ne restent pas accrochés.

Des trous de cette taille laissent passer le jus mais retiennent l'essentiel des déchets. Pour éviter qu'ils ne se bouchent, étalez au fond, avant la première couche, un centimètre de gravier fin ou de pouzzolane rincés, ou une demi-feuille de papier journal froissée.

Garder un espace pour le jus

C'est le piège le plus courant. Beaucoup de seaux sont légèrement coniques : une fois emboîtés, le fond du seau du haut descend presque au fond de celui du bas, et il ne reste que quelques millimètres pour le jus. Le liquide remonte alors dans les déchets, qui se mettent à baigner et à sentir mauvais.

Avant de percer quoi que ce soit, emboîtez vos deux seaux et mesurez l'espace libre en dessous. Il vous faut plusieurs centimètres, et davantage si vous posez un robinet. S'il en manque, deux solutions :

  • découper un troisième seau du même modèle pour en faire une rehausse : on coupe son fond pour garder un anneau de quelques centimètres, que l'on glisse entre les deux seaux ;
  • caler le seau du haut sur un petit support stable posé au fond du seau du bas, par exemple un pot de fleurs retourné en plastique.
Le conseil d'Emy

Emboîtez vos seaux à vide et versez de l'eau dans celui du haut avant de commencer à vous en servir. Vous verrez tout de suite si le jus s'écoule bien, combien le compartiment du bas peut en contenir, et si le robinet fuit.

Poser un robinet (option)

Sans robinet, il faut soulever le seau du haut pour vider le jus, ce qui devient lourd et salissant quand il est plein. Le robinet rend la vidange bien plus confortable :

  1. Choisissez son emplacement le plus bas possible sur le seau extérieur, mais en laissant la place de l'écrou à l'intérieur et sans empêcher le seau de tenir bien à plat. Marquez-le au feutre.
  2. Percez un trou du diamètre du filetage du robinet, avec une scie cloche ou au cutter, en procédant doucement : le plastique fin se fend facilement.
  3. Montez le robinet avec son joint côté extérieur, puis l'écrou côté intérieur, et serrez fermement sans forcer.
  4. Faites le test d'étanchéité : remplissez le seau d'eau, robinet fermé, et laissez-le une heure. Aucune goutte ne doit perler autour du raccord.

Pensez à refermer le robinet après chaque vidange : ouvert, il laisse entrer de l'air. Si le robinet reste un peu haut, inclinez légèrement le seau pour finir de le vider. Pour la fréquence et les gestes de vidange, voyez la fiche Entretenir son bokashi.

L'étanchéité : le point critique

Le bokashi est une fermentation sans oxygène. Un seau qui laisse entrer l'air donne des moisissures colorées et des mauvaises odeurs, quelle que soit la qualité de votre son. Trois endroits sont à surveiller :

  • Le couvercle : il doit fermer franchement, idéalement avec un joint. Un couvercle qui ferme mal se rattrape en posant un linge propre ou un film alimentaire sur le seau avant de le clipser.
  • La jonction entre les deux seaux : si l'air peut passer entre les deux bords, il remonte par les trous du fond. Entourez la jonction d'un ruban adhésif, ou glissez une chambre à air de vélo coupée autour du bord du seau du bas pour faire joint.
  • Le robinet, avec son joint bien serré, et toujours refermé.

À l'intérieur, limitez aussi l'air au contact des déchets : après chaque ajout, saupoudrez le son, tassez, puis posez une assiette ou un couvercle plus petit à plat sur la surface. Vous pouvez y ajouter un poids propre, comme un bocal rempli d'eau.

À retenir

Un seau maison réussi, c'est un fond percé qui draine bien, un vrai compartiment à jus, et une étanchéité soignée au couvercle, à la jonction des seaux et au robinet. Testez-le à l'eau avant de vous en servir.

La version à trois seaux

Une variante astucieuse, très répandue dans les ateliers de bricolage, utilise trois petits seaux alimentaires de 5 litres avec couvercle :

  • le premier, percé de nombreux trous de 3 mm, reçoit les déchets sur une fine couche de gravier ou de pierre ponce ;
  • le deuxième, dont on a découpé le fond sur environ 7 cm, sert de rehausse et crée le compartiment à jus ;
  • le troisième, intact, reçoit le jus et porte le robinet.

Ce format est compact et bien adapté à une personne seule ou à un petit appartement. En contrepartie, il se remplit vite : prévoyez deux ensembles, ou un rythme de vidage plus soutenu.

Fait maison ou acheté : comparer

Le seau fait maison

  • Il ne coûte presque rien si vous récupérez les seaux.
  • Il permet de choisir la contenance et de faire de la récupération.
  • En revanche, l'étanchéité est à soigner vous-même, le compartiment à jus est souvent réduit, et l'ensemble est plus encombrant et moins discret dans une cuisine.

Le seau du commerce

  • Il est conçu pour l'usage : couvercle à joint, grille, robinet ou bouchon bien placé, presse adaptée, format pensé pour la cuisine.
  • Notre composteur à Bokashi Confort, par exemple, a un couvercle à double joint, un robinet et un compacteur ; le Skaza Organko 2 mise sur un dispositif de pression et un format compact facile à transporter.
  • Il coûte plus cher, mais vous évite les tâtonnements.

Pour comparer les modèles en détail, voyez notre fiche Comment choisir son composteur à bokashi ? Et quel que soit votre seau, la fermentation dépend d'abord d'un bon son : vous pouvez utiliser notre activateur de compost Bokashi EM ou fabriquer le vôtre avec notre fiche Fabriquer son activateur bokashi maison.

En résumé

Un seau à bokashi maison se fabrique avec deux seaux alimentaires identiques : celui du haut, percé d'une vingtaine à une trentaine de trous de 3 à 5 mm, reçoit les déchets ; celui du bas recueille le jus, éventuellement par un robinet posé le plus bas possible. Vérifiez qu'il reste plusieurs centimètres pour le jus, quitte à ajouter une rehausse, et soignez l'étanchéité du couvercle, de la jonction et du robinet, avant un test à l'eau. C'est économique et efficace ; un seau du commerce apporte surtout du confort, de la discrétion et une étanchéité déjà étudiée pour l'usage.

https://www.fermedumoutta.fr/guide/fabriquer-seau-bokashi-soi-meme
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