

Bokashi et compost de jardin : bien intégrer son bokashi fermenté au composteur

Vous avez un composteur au fond du jardin et un seau de bokashi dans la cuisine ? C'est une excellente combinaison. Le seau accueille presque tous les restes de repas, viande et poisson compris, et le composteur termine leur transformation. Le contenu fermenté y finit sa décomposition en un mois environ, au milieu des autres matières.
À condition de bien l'intégrer : un seau vidé en bloc sur le tas reste acide et humide, et peut ralentir tout le compost. Voici comment faire du bokashi un bon apport pour votre composteur.
Le bokashi, un apport de « vert »
Au composteur, on équilibre les matières humides et riches en azote, les « vertes », avec des matières sèches et riches en carbone, les « brunes ». Le bokashi fermenté se classe sans hésiter dans les vertes : il est humide, riche en azote et en matière facile à décomposer. Il demande donc, comme les épluchures, une bonne dose de matières brunes : feuilles mortes, broyat, carton brun, paille. Si ce principe vous est peu familier, notre fiche Matières vertes et brunes vous explique tout.
Sa particularité, c'est son acidité. Un compost démarre mal dans un milieu trop acide, alors qu'il digère sans peine un apport acide noyé dans une matière déjà active. D'où les trois règles qui suivent : étaler, mélanger, couvrir.
Le saviez-vous ?L'acidité des déchets alimentaires est un problème bien connu des plateformes de compostage : lors d'essais, un mélange resté sous pH 6 ne chauffait pas et ne se décomposait presque plus. La parade s'est révélée toute simple : ajouter assez de compost déjà actif, dont les micro-organismes consomment les acides et font remonter le pH.
Étaler et mélanger, ne pas vider en bloc
Creusez un creux au centre du tas ou du bac, là où la matière est la plus active.
Videz le seau en étalant le contenu, plutôt que de le laisser en un seul bloc compact.
Mélangez-le à la fourche avec du compost en cours de décomposition et une ou deux pelletées de terre.
Ajoutez des matières brunes, au moins autant en volume que de bokashi.
Recouvrez le tout d'une bonne couche de matières brunes ou de compost, sur une vingtaine de centimètres.
Contrairement au seau, que l'on ne remue jamais, le composteur a besoin d'air : une fois le bokashi intégré, vous gérez le tas comme d'habitude, avec des brassages réguliers.
Le conseil d'EmyGardez un sac de feuilles mortes ou de broyat à côté du composteur, réservé aux jours de vidange du seau. Une bonne brassée par seau, et vous ne serez jamais pris de court.
Couvrir : contre les odeurs et les animaux
Bien couvert, le bokashi se fait discret. Laissé en surface, il dégage une odeur aigre qui peut attirer les mouches, les chats du voisinage, les renards, et parfois les rongeurs, d'autant plus s'il contient de la viande ou du poisson. Un composteur fermé, avec un couvercle, est donc préférable à un tas ouvert. Si vous avez déjà eu des visiteurs indésirables, posez un grillage fin sous le bac et enfouissez toujours le bokashi au cœur de la matière. Le bokashi n'a rien d'un répulsif : ce qui limite les visites, c'est la façon dont il est couvert. Notre fiche Nuisibles au composteur détaille les bonnes pratiques.
Corriger l'acidité
Dans un composteur qui fonctionne bien, déjà riche en matière en cours de décomposition, l'acidité d'un seau de bokashi est absorbée sans difficulté. Si votre composteur est petit ou démarre tout juste, vous pouvez donner un coup de pouce :
une poignée de coquilles d'œufs broyées ou de coquilles de crustacés concassées ;
une petite quantité d'amendement calcaire doux, comme la dolomie ou la chaux agricole.
Évitez la chaux vive ou la chaux éteinte, trop caustiques : elles freinent l'activité des micro-organismes dont vous avez besoin. Et n'en mettez pas à chaque fois : un compost bien équilibré se régule de lui-même.
Combien de temps pour un compost fini ?
Dans un composteur actif, le bokashi est l'une des matières qui disparaissent le plus vite : comptez environ un mois pour qu'on ne le reconnaisse plus. Mais le compost, lui, suit son propre rythme. Il faut généralement plusieurs mois avant d'obtenir un compost mûr, selon la saison, la taille du tas et le soin apporté aux apports et aux brassages. Les étapes de cette transformation sont décrites dans notre fiche Les phases du compost.
Le bokashi ne raccourcit pas ces délais de façon spectaculaire, et nous préférons ne pas vous promettre de compost « deux fois plus rapide ». Son vrai intérêt est ailleurs : il fait entrer dans le composteur des restes que vous auriez jetés autrement, viande, poisson, laitages ou plats cuisinés, déjà stabilisés par la fermentation. Quant aux micro-organismes efficaces pulvérisés directement sur le tas, nous faisons le point dans la fiche du guide EM Accélérer son compost avec les EM.
En hiver
Le composteur est une bonne solution quand le sol est gelé ou trop détrempé pour creuser. Le bokashi s'y décompose plus lentement par temps froid, mais il est à l'abri sous les matières brunes, et la transformation reprend au printemps. Un composteur fermé, comme le Compostys bois, le protège en outre de la pluie et des animaux.
Gros volumes, composteur rotatif et compost collectif
Plusieurs seaux à la fois
Si vous videz plusieurs seaux en même temps, après des vacances ou à la sortie de l'hiver, répartissez-les dans le tas plutôt que de les concentrer au même endroit, et doublez la quantité de matières brunes. Pour les très gros volumes, l'enfouissement en tranchée au potager est souvent plus simple : voyez notre fiche Enfouir son bokashi au jardin.
Le composteur rotatif
Dans un composteur rotatif, versez le bokashi dans le compartiment en cours de remplissage, avec une bonne poignée de matière sèche. Le brassage du tambour le mélange efficacement, et les restes déjà fermentés s'y décomposent bien.
Le composteur partagé
Avant de vider votre seau dans un composteur de quartier ou de pied d'immeuble, demandez l'accord du référent. Beaucoup de chartes refusent la viande et le poisson, même fermentés, pour éviter les nuisibles. Si le vôtre accepte le bokashi, suivez les mêmes règles qu'à la maison : au centre, mélangé, bien couvert.
À retenirAu composteur, le bokashi est une matière verte : on l'étale au centre du tas, on le mélange à du compost actif, on ajoute au moins autant de matières brunes et on recouvre bien.
En résumé
Le composteur de jardin est un excellent débouché pour le bokashi fermenté. Traitez-le comme une matière verte, acide et humide : étalez-le au centre du tas, mélangez-le à du compost en pleine activité, ajoutez au moins autant de matières brunes et recouvrez-le soigneusement. Il disparaît en un mois environ, sans raccourcir de façon spectaculaire la maturation du compost, mais en y faisant entrer tous les restes de repas. En cas de doute sur l'acidité, quelques coquilles broyées suffisent.
Scannez le code ou rendez-vous sur fermedumoutta.fr/guide : toutes nos fiches pratiques, avec les liens vers les produits cités.





































