

Bokashi enfoui : animaux, rats, déchets intacts, plantes qui jaunissent, que faire ?

Votre seau a bien fermenté, vous l'avez enfoui au jardin… et quelque chose cloche. Un trou gratté pendant la nuit, des épluchures encore entières un mois plus tard, une odeur qui ne part pas, ou des plantes qui jaunissent à côté de la zone d'enfouissement. Ces situations sont fréquentes et presque toujours faciles à corriger.
La plupart viennent de trois paramètres : la profondeur, le mélange avec la terre et le temps laissé au sol pour faire son travail. Voici comment reconnaître chaque problème et y remédier, en rappelant au passage ce que l'on sait vraiment, et ce que l'on ne sait pas, sur les animaux et le bokashi.
Un animal a déterré le bokashi
Chiens, chats, renards, blaireaux, corneilles ou pies : beaucoup d'animaux aiment gratter la terre fraîchement remuée, et un bokashi garde une odeur de nourriture fermentée pendant quelques jours. Quand un animal le déterre, c'est presque toujours qu'il était trop près de la surface, déposé en bloc, ou insuffisamment recouvert.
Enfouissez à 20 ou 30 cm, jamais quelques centimètres sous la surface.
Mélangez-le à 2 ou 3 fois son volume de terre au lieu de déposer le contenu du seau en tas : l'odeur se dissipe plus vite.
Rebouchez entièrement pour que plus rien ne soit visible, tassez du pied et couvrez de feuilles ou de paillage.
Protégez la zone les deux premières semaines : un morceau de grillage, une vieille planche, une dalle ou un voile épais posés à plat suffisent souvent à décourager les plus curieux.
Si un animal a déjà creusé, ramassez les morceaux dispersés, remettez-les au fond avec un peu de terre, mélangez, rebouchez et protégez. Toute la méthode est détaillée dans notre fiche Enfouir son bokashi au jardin.
Le conseil d'EmySi vous avez un chien qui creuse, enfouissez votre bokashi dans une partie du jardin qui lui est inaccessible, ou couvrez la zone d'un grillage le temps de la transformation. Un bokashi fraîchement enfoui contient des restes de repas, parfois des os, de l'oignon ou du chocolat, qu'il vaut mieux ne pas le laisser manger.
Bokashi et rats : ce que l'on sait vraiment
On lit souvent que le bokashi n'intéresse pas les rats. La réalité est plus nuancée. Il n'existe, à notre connaissance, aucune étude sur le sujet. L'idée repose sur un raisonnement plausible : un bokashi bien fermenté est acide, il sent l'aigre plutôt que la nourriture en décomposition, et il est donc probablement moins attirant qu'un tas de restes de repas. Mais les pratiquants expérimentés le reconnaissent : un rongeur affamé peut très bien s'y intéresser.
Notre position : un bokashi bien fermenté, bien enfoui et bien mélangé à la terre est moins attractif, sans plus. Si vous savez que des rats fréquentent votre quartier ou votre jardin :
enfouissez au moins à 30 cm, et plus profond si votre sol le permet : des pratiquants expérimentés vont jusqu'à 40 ou 50 cm en zone à rongeurs, et pour des restes de cuisine crus, les guides de compostage en tranchée conseillent 30 à 45 cm de terre par-dessus ;
n'enfouissez jamais un seau dont la fermentation a raté ;
posez un grillage à mailles fines sur la zone pendant les premières semaines ;
évitez les coins proches d'un abri connu des rongeurs (tas de bois, haie dense, cabane) ;
ou finissez la transformation dans un contenant fermé, comme un grand bac de terre avec couvercle (voyez la fiche Pas de jardin ? Que faire de son bokashi) ou un composteur rotatif.
Pour aller plus loin sur les rongeurs au jardin, notre guide du compostage leur consacre une fiche : les nuisibles du composteur.
Le saviez-vous ?Le bokashi n'est pas un répulsif. C'est la fermentation, puis un enfouissement soigné, qui le rendent moins attirant que des épluchures laissées à l'air libre. Un seau raté qui sent le pourri, lui, attire autant qu'une poubelle.
Les déchets sont encore là après un mois
D'abord, rassurez-vous : il est normal de retrouver quelques morceaux durs. Os, noyaux, rafles de maïs, coquilles d'œufs, peaux d'agrumes épaisses ou tiges de chou demandent bien plus longtemps que le reste. Les os en particulier peuvent mettre des mois, voire davantage. Écrasez-les ou cassez-les si vous les retrouvez, puis réenfouissez-les : ils ne gênent pas les plantations.
Si, en revanche, presque tout le contenu est encore reconnaissable après un mois, la transformation a été freinée. Les causes habituelles :
Un sol froid : en été, deux à trois semaines suffisent souvent ; au printemps et en automne, dans un sol frais, comptez jusqu'à six semaines, parfois davantage ; en plein hiver, il ne se passe presque rien jusqu'au redoux.
Un sol tassé, très argileux ou au contraire sableux et pauvre : la vie du sol y est moins active ou l'air circule mal.
Un bloc compact déposé au fond d'un trou, sans mélange avec la terre.
Trop de bokashi au même endroit, ou des seaux successifs toujours enfouis dans le même trou.
Pour relancer : rouvrez la zone, hachez le contenu à la bêche en le mélangeant à de la terre fraîche, ajoutez si possible une ou deux pelletées de compost mûr ou de feuilles mortes, puis rebouchez. Au printemps, une bâche sombre ou un voile posé quelques semaines réchauffe le sol et accélère les choses. Et pour les prochains seaux, répartissez-les sur plusieurs emplacements.
Les plantes jaunissent ou ne lèvent pas
Le bokashi frais est très acide et riche en sels et en ammonium. Tant que le sol ne l'a pas transformé, il peut abîmer les racines qui le touchent. Des plantes qui jaunissent, flétrissent ou des semis qui ne lèvent pas au-dessus d'une zone d'enfouissement ont presque toujours l'une de ces causes :
Une plantation trop rapide, moins de deux semaines après l'enfouissement, ou plus tôt encore en sol froid ;
Un bokashi trop concentré, peu ou pas mélangé à la terre ;
Des racines au contact direct, parce que le bokashi a été enfoui au pied d'une plante en place ;
Un jus de bokashi utilisé pur ou trop peu dilué. Le jus doit toujours être dilué, au minimum à 1 pour 100, et versé au sol, jamais sur les feuilles : voyez la fiche Le jus de bokashi.
Que faire ? Pour une plante en pleine terre, arrosez normalement, sans rien ajouter d'autre, et laissez le temps au sol : l'acidité disparaît en général en quelques semaines. Pour un semis, ressemez à côté ou attendez deux à trois semaines de plus. Pour une plante en pot, rempotez-la dans un terreau frais, en laissant le mélange de bokashi reposer encore avant de le réutiliser.
À retenirAu moins deux semaines d'attente, trois ou quatre de préférence, davantage en sol froid ou en pot ; un bokashi toujours bien mélangé à 2 ou 3 volumes de terre ; et jamais au contact direct des racines.
L'odeur persiste dans le sol
Un bokashi bien fermenté et bien enfoui ne sent presque plus rien en surface au bout de quelques heures. Dans le sol, son odeur aigre doit disparaître en une à deux semaines : c'est d'ailleurs un bon indice pour savoir que la zone est prête. Si elle persiste, ou si la terre sent le pourri :
- le bokashi était probablement trop concentré, trop peu enfoui, ou enfoui en bloc dans un sol froid et détrempé ;
- ou la fermentation avait raté dans le seau, ce qui se voit à l'odeur putride et aux moisissures colorées (voyez la fiche Moisissures dans le bokashi).
Rouvrez la zone, ajoutez de la terre, étalez et mélangez le contenu sur une plus grande surface, puis rebouchez. Un sol bien aéré et non détrempé fait disparaître l'odeur rapidement.
Les bons réflexes
N'enfouissez que des seaux qui sentent l'aigre, après au moins deux semaines de fermentation.
Creusez à 20 ou 30 cm, à une trentaine de centimètres des racines.
Mélangez le bokashi à 2 ou 3 fois son volume de terre, ne le laissez jamais en bloc.
Rebouchez entièrement, couvrez et protégez la zone si des animaux rôdent.
Changez d'emplacement à chaque seau.
Attendez au moins deux semaines avant de planter, plus longtemps quand le sol est froid.
Si le jardin ne s'y prête pas, finissez la transformation dans un composteur bien couvert de matières brunes : voyez la fiche Bokashi et compost de jardin.
En résumé
La plupart des problèmes après l'enfouissement ont une cause simple. Un animal qui creuse signale un bokashi trop peu profond ou mal recouvert : enfouissez à 20 ou 30 cm, mélangez et protégez la zone deux semaines. Face aux rats, le bokashi bien fermenté est moins attractif, mais pas à l'abri : grillage fin ou contenant fermé dans les zones à risque. Des déchets encore intacts après un mois révèlent un sol froid, tassé ou un bloc mal mélangé. Des plantes qui souffrent ont presque toujours été plantées trop tôt ou trop près d'un bokashi concentré. Avec un peu de patience et un bon mélange avec la terre, tout rentre dans l'ordre.
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