

FAQ bokashi : les 25 questions les plus fréquentes, avec des réponses courtes et claires

Le bokashi suscite beaucoup de questions, surtout pendant les premières semaines. Voici les vingt-cinq qui reviennent le plus souvent. Chaque réponse va à l'essentiel et vous renvoie vers la fiche du guide qui détaille le sujet.
À retenirTrois repères répondent à bien des questions : au moins deux semaines de fermentation, seau plein et fermé ; un jus toujours dilué, au minimum 1 cl par litre d'eau ; un enfouissement à 20 ou 30 cm, avec au moins deux semaines d'attente avant de planter.
Avant de commencer
Le bokashi, est-ce vraiment du compost ?
Pas encore. Après deux semaines dans le seau, vos restes sont fermentés et stabilisés, mais ils gardent leur aspect : c'est un pré-compost acide. Il ne devient terre qu'une fois confié au sol, à un composteur ou à des vers, en deux semaines à deux mois selon la saison. Tout le principe est expliqué dans Qu'est-ce que le bokashi ?.
Peut-on faire du bokashi sans jardin ?
Oui, à condition de prévoir où ira le pré-compost. On peut le transformer en terre dans un grand bac, la fameuse « usine à terre », le placer au fond d'un grand pot quelques semaines avant d'y planter, ou le confier à un jardin partagé ou à un voisin jardinier. Toutes les solutions sont dans Bokashi sans jardin : que faire de son bokashi fermenté ?.
Faut-il vraiment deux seaux ?
C'est fortement conseillé. Un seau plein doit rester fermé au moins deux semaines : pendant ce temps, le second accueille les restes du quotidien. Avec un seul seau, il faudrait soit jeter vos restes, soit rouvrir un seau en pleine fermentation. L'organisation de la rotation est détaillée dans Pourquoi utiliser deux seaux à bokashi.
Quelle taille de seau choisir ?
Comptez environ 10 litres pour une ou deux personnes et 15 litres pour trois ou quatre ; l'idéal est de remplir un seau en deux semaines environ. Un bon seau doit surtout fermer hermétiquement et permettre de vidanger le jus. Comparez nos modèles dans Comment choisir son composteur à bokashi, ou voyez comment fabriquer son seau soi-même.
Un bokashi sent-il mauvais dans la cuisine ?
Couvercle fermé, on ne sent presque rien. À l'ouverture, un seau qui fonctionne sent l'aigre, le cornichon ou le cidre, et le jus a une odeur plus forte que le contenu. Une odeur de pourri, en revanche, n'est pas normale : elle signale un problème à corriger. Pour choisir le bon emplacement, lisez Où placer son bokashi ?.
Les déchets
Peut-on mettre de la viande, du poisson et des produits laitiers ?
Oui, c'est même l'un des grands atouts du bokashi. Coupez ces restes en petits morceaux et saupoudrez un peu plus de son sur ce qui est riche en protéines. Les petits os passent ; les gros os, eux, mettent des années à disparaître dans le sol. La liste complète est dans Que mettre dans un bokashi ?.
Et les agrumes, l'ail et l'oignon ?
Oui, sans problème : la fermentation lactique supporte très bien leur acidité, alors que les vers d'un lombricomposteur les apprécient peu. Coupez simplement les écorces en morceaux.
Que ne faut-il jamais mettre dans le seau ?
Le plastique, y compris les sacs et emballages dits « compostables », les déjections et litières d'animaux, les cendres et les plantes malades. Évitez aussi les liquides (soupe, lait, huile en quantité), les gros os, les coquillages et les aliments déjà pourris ou moisis : ils compromettent la fermentation ou ne se décomposent pratiquement pas.
Le quotidien
Faut-il remuer le contenu du seau ?
Jamais. Le bokashi fonctionne sans air, et remuer y fait entrer de l'oxygène, ce qui favorise les mauvaises odeurs et les moisissures. À chaque ajout, on tasse fermement avec le compacteur ou un presse-purée, et on referme aussitôt. Les bons gestes sont décrits dans Démarrer son premier seau de bokashi.
Combien de son faut-il mettre, et peut-on en mettre trop ?
Comptez une dose de 15 à 20 ml par couche de 3 à 5 cm de déchets, un peu plus pour la viande, le poisson, les restes très humides et quand il fait frais. Le manque de son est une cause fréquente d'échec ; un léger excès, lui, ne gêne pas la fermentation, il est simplement gaspillé. Dans le doute, mettez-en un peu plus. Les ajustements sont détaillés dans Le son de bokashi : rôle, dosage et conservation.
Peut-on se passer d'activateur, ou le fabriquer soi-même ?
Sans activateur, une fermentation lactique peut démarrer d'elle-même, mais le résultat est beaucoup moins prévisible, et le seau risque davantage de pourrir. L'activateur sert justement à installer vite les bonnes bactéries. Vous pouvez utiliser notre Activateur de compost Bokashi EM, fabriqué à la ferme, ou préparer le vôtre avec du son de blé, de l'EM-1 et de la mélasse (de betterave ou de canne), en suivant Fabriquer son activateur bokashi maison.
Combien de temps dure la fermentation ?
Comptez au moins deux semaines, seau plein et fermé, dans une pièce entre 18 et 25 °C, et une à deux semaines de plus quand il fait frais. Ce délai commence quand vous fermez le seau, pas au premier ajout. Les déchets gardent leur aspect : on juge à l'odeur aigre et au ramollissement. Les repères sont dans Combien de temps dure la fermentation ?.
Que faire en hiver, et pendant les vacances ?
Le froid ralentit la fermentation sans détruire le travail accompli : gardez le seau à l'intérieur, dans une pièce tempérée, et ajoutez un peu plus de son. Avant de partir, vidangez le jus, couvrez la dernière couche de son et fermez bien : un seau fermé peut attendre plusieurs semaines. Une fois la fermentation terminée, le bokashi peut même geler sans dommage et s'enfouir au redoux. Tout est dans Bokashi en hiver, en été et pendant les vacances.
Le jus
Mon seau ne donne pas de jus : est-ce normal ?
Oui, très souvent. La quantité dépend de ce que vous y mettez : beaucoup de jus avec les fruits et légumes, très peu avec le pain et les restes cuits, et moins en hiver. Un seau neuf peut aussi mettre une à deux semaines avant de couler. Tant que l'odeur reste aigre, tout va bien. Voir Entretenir son bokashi.
Comment diluer le jus pour arroser ses plantes ?
Au minimum 1 cl de jus par litre d'eau (1:100) pour les plantes installées, et 1 à 2 ml par litre (de 1:1000 à 1:500) pour les semis et les jeunes plants. Versez-le au pied, sur une terre déjà humide, jamais pur et jamais sur les feuilles. Un arrosage par semaine, ou tous les quinze jours, suffit. Détails dans Le jus de bokashi : dilution, usages et limites.
Combien de temps se conserve le jus, et que faire du surplus ?
Utilisez-le dans les 24 à 48 heures : c'est un liquide vivant, qui évolue vite. S'il vous en reste, versez-le dans l'évier ou les toilettes, suivi d'un peu d'eau, plutôt que de le jeter. N'en attendez pas pour autant qu'il débouche les canalisations ou entretienne une fosse septique : aucune étude ne l'a montré.
Après la fermentation
Peut-on mettre le bokashi directement au pied des plantes ?
Non. Le bokashi fermenté est acide et riche en ammonium : au contact des racines, il peut les abîmer. Enfouissez-le à 20 ou 30 cm de profondeur, mélangé à deux ou trois fois son volume de terre, à une trentaine de centimètres des racines, et ne l'étalez jamais en surface. La méthode complète est dans Enfouir son bokashi au jardin.
Combien de temps attendre avant de planter ?
Au moins deux semaines en sol tiède, trois ou quatre de préférence, et davantage en sol froid ou en pot. Un bon repère : quand l'odeur aigre a disparu de la terre, la zone est prête. Pour des semis ou des plantes fragiles, patientez un peu plus.
Peut-on donner le bokashi à ses vers ?
Oui, en petites quantités. Le bokashi est acide : déposez-en l'équivalent d'un petit bol, bien égoutté et de préférence à dominante végétale, dans un coin du lombricomposteur, sur une couche de litière sèche, pour que les vers puissent s'en éloigner le temps qu'il s'adoucisse. Des coquilles d'œufs broyées aident à corriger l'acidité. Voir Bokashi et lombricomposteur.
Peut-on le mettre dans un composteur, même collectif ?
Oui. Traitez-le comme une matière verte, acide et humide : étalez-le au cœur du tas, mélangez-le à du compost actif et couvrez-le d'au moins autant de matières brunes. Pour un composteur partagé, demandez d'abord l'accord de son référent : tous ne l'acceptent pas. Voir Bokashi et compost de jardin.
Le bokashi attire-t-il les rats ?
Un bokashi bien fermenté et bien enfoui est moins attirant qu'un reste de repas laissé à l'air libre, mais ce n'est pas un répulsif, et aucune étude n'a tranché la question. Là où des rongeurs sont présents, enfouissez à au moins 30 cm et posez un grillage fin sur la zone les premières semaines. Voir Problèmes après l'enfouissement.
Les problèmes
Moisissure blanche, verte ou noire : que faire ?
Un voile blanc est bon signe : la fermentation se passe bien. Quelques taches vertes, bleues ou noires trahissent de l'air ou trop d'humidité : retirez-les, ajoutez du son, tassez et vidangez. Si les moisissures colorées envahissent le seau et que l'odeur devient putride, la fermentation a échoué : enfouissez le contenu à l'écart des cultures, ou confiez-le à la collecte des biodéchets, puis recommencez. Tout est expliqué dans Moisissures dans le bokashi.
Odeur de pourri, moucherons ou asticots : comment réagir ?
Une odeur putride vient presque toujours d'un manque de son, d'un excès d'humidité ou d'un seau mal fermé : ajoutez du son, tassez, vidangez chaque jour et vérifiez le joint. Les moucherons viennent surtout de la petite poubelle de cuisine et d'un couvercle qui ferme mal. Les asticots, eux, viennent de mouches qui ont pondu lors d'une ouverture ou par une fuite : retirez les quelques larves, ajoutez du son et refermez soigneusement ; si elles sont nombreuses, enfouissez profondément tout le contenu et recommencez. Le diagnostic complet est dans Mauvaises odeurs, trop de jus, moucherons.
Pour aller plus loin
Le bokashi est-il sans risque pour la santé ?
Les analyses de seaux domestiques montrent une flore dominée par les bactéries lactiques, et des micro-organismes potentiellement pathogènes en très faible quantité. Le bokashi n'est pas pour autant un procédé qui assainit : il ne chauffe pas. D'où quelques règles simples : jamais de déjections animales, des gants pour vider et enfouir le seau, et un lavage des mains ensuite. Voir Bokashi et EM : ce que dit vraiment la science.
Le paillage de bokashi ou les boules d'étang, c'est la même chose ?
Non. Ce sont d'autres produits, qui partagent le principe de la fermentation : un paillage prêt à épandre sur le sol, des boules d'argile pour bassin, ou encore des engrais fermentés agricoles. Seul le paillage du commerce est conçu pour être épandu ; le contenu de votre seau, lui, s'enfouit toujours. Voir Les autres bokashis.
Le conseil d'EmySentez votre seau à l'ouverture avant de vous inquiéter de son aspect : une odeur aigre de cornichon signifie que tout va bien, même si les déchets semblent intacts ou couverts d'un fin duvet blanc.
En résumé
La plupart des questions sur le bokashi trouvent leur réponse dans quelques principes simples : on coupe petit, on saupoudre, on tasse sans jamais remuer, on ferme et on vidange le jus. Le seau plein fermente au moins deux semaines pendant que le second se remplit. Le jus se dilue toujours, au minimum à 1:100. Le pré-compost s'enfouit à 20 ou 30 cm, mélangé à la terre, ou rejoint un composteur ou des vers, avec au moins deux semaines d'attente avant de planter. Une odeur aigre est bon signe ; une odeur de pourri appelle une correction rapide.
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