Ferme du Moutta
Guide pratiqueBokashi

Bokashi, compost ou lombricompost : quelle méthode choisir pour vos déchets de cuisine ?

Seau à bokashi Urbalive et lombricomposteur Urbalive kaki dans une cuisine ouverte sur le jardin, où l'on aperçoit un composteur en bois Compostys

Bokashi, composteur de jardin ou lombricomposteur : les trois méthodes recyclent les déchets de cuisine, et on les présente souvent comme interchangeables. Elles ne le sont pas. Elles ne travaillent pas de la même façon, n'acceptent pas les mêmes restes et ne produisent pas la même chose.

Cette fiche les compare sous l'angle du bokashi : ce qu'il fait mieux que les autres, ce qu'il ne sait pas faire seul, et comment l'associer intelligemment. Pour une vue d'ensemble de toutes les solutions, y compris les micro-organismes efficaces, consultez aussi notre fiche Compost, lombricompost, bokashi ou EM : quelle méthode choisir.

Trois procédés, trois logiques

  • Le compostage est une décomposition à l'air. Bactéries, champignons et petite faune consomment la matière en respirant. Le tas chauffe plus ou moins, perd beaucoup d'eau et de carbone sous forme de gaz, et finit en compost mûr après plusieurs mois.
  • Le lombricompostage est aussi une décomposition à l'air, mais ce sont surtout des vers de compost qui font le travail, avec les micro-organismes de leur tube digestif. Le résultat, le lombricompost, est un amendement fin et prêt à l'emploi.
  • Le bokashi est une fermentation sans air. Dans un seau fermé, des bactéries lactiques acidifient les déchets, qui se conservent au lieu de se décomposer. On obtient un pré-compost qui doit ensuite passer par le sol. Notre fiche Qu'est-ce que le bokashi explique ce mécanisme en détail.

La différence essentielle est là : le compost et les vers transforment les déchets, le bokashi les prépare. Il fait la première moitié du chemin, vite et dans peu de place, mais il laisse toujours la fin du travail à la terre.

Le comparatif, critère par critère

La place

  • Bokashi : un seau de 10 à 20 litres dans la cuisine, idéalement deux.
  • Lombricomposteur : plusieurs plateaux posés les uns sur les autres, ou un bac de quelques dizaines de litres, à l'intérieur ou à l'abri.
  • Composteur : un bac ou un tas au jardin, posé sur la terre.

Les déchets acceptés

  • Bokashi : presque tous les restes alimentaires solides, crus ou cuits, viande, poisson, fromage, agrumes et oignons compris. Pas de déchets de jardin.
  • Lombricomposteur : surtout les épluchures crues, en quantité modérée. Les vers n'aiment ni la viande, ni les agrumes, ni la famille de l'oignon.
  • Composteur : épluchures et déchets du jardin en grand volume. Viande, poisson et laitages y sont déconseillés ou limités, surtout à cause des odeurs et des rongeurs.

La durée

  • Bokashi : le temps de remplir le seau, puis au moins deux semaines de fermentation, puis deux à quatre semaines dans le sol avant de planter. Il faut parfois jusqu'à deux mois pour que tout soit absorbé.
  • Lombricomposteur : trois à six mois pour la première récolte, puis environ une récolte par mois.
  • Composteur : de quatre à neuf mois en bac, souvent davantage en tas.

Les odeurs

  • Bokashi : discrète couvercle fermé, aigre et vinaigrée à l'ouverture. Ce n'est pas « sans odeur », mais une bonne fermentation ne sent jamais le pourri.
  • Lombricomposteur et composteur : une odeur de sous-bois quand ils sont bien équilibrés, de mauvaises odeurs quand ils sont trop humides ou mal nourris.

L'entretien

  • Bokashi : saupoudrer, tasser, fermer, vidanger le jus tous les deux ou trois jours, puis enfouir. On ne remue jamais.
  • Lombricomposteur : nourrir régulièrement, surveiller l'humidité, récolter.
  • Composteur : équilibrer les matières vertes et brunes, aérer de temps en temps, arroser en été.

Le coût dans la durée

  • Bokashi : l'achat du seau, puis de l'activateur en continu, à acheter ou à fabriquer.
  • Lombricomposteur : l'achat du bac et des vers, puis presque rien, puisque les vers se reproduisent.
  • Composteur : un bac, voire rien du tout pour un tas.

Ce que l'on obtient

  • Bokashi : un pré-compost acide, à ne jamais utiliser tel quel, et un jus à diluer fortement.
  • Lombricomposteur : un lombricompost prêt à l'emploi et un liquide à diluer.
  • Composteur : un compost mûr, à épandre au potager ou à mélanger aux terreaux.
Le saviez-vous ?

Dans un essai mené à grande échelle sur des tontes de bords de route, avec un fabricant de produits EM, la fermentation sous bâche n'avait perdu que 2 à 5 % de sa matière organique en six à huit semaines, contre près de la moitié pour le compostage en andain. L'azote, lui, était presque entièrement conservé, avec 0 à 2 % de pertes, alors que le compost en avait perdu 10 à 16 %.

Viande, poisson, laitages : le point fort du bokashi

Petits morceaux de viande, de peau de poisson, de croûte de fromage, de petits os et de carapaces de crevettes à côté d'un seau à bokashi ouvertC'est l'argument qui fait choisir le bokashi. Les restes de viande, de poisson, de fromage, les fonds d'assiette en sauce ou les petits os attirent les rongeurs et les mouches dans un composteur ouvert, et les vers n'en veulent pas. Dans le seau hermétique, ils fermentent comme le reste, à l'abri des animaux.

Il y a tout de même quelques précautions à prendre : couper les morceaux petits, saupoudrer un peu plus de son sur les restes riches en protéines, éviter les liquides et les gros os. Et ne pas croire que la fermentation rend ces restes inoffensifs pour les animaux : une fois au jardin, ils doivent être bien enfouis.

Ce que le bokashi ne fait pas seul

Un seau à bokashi Urbalive et un lombricomposteur WORMbox côte à côte dans la cuisine

Le pré-compost qui sort du seau a l'aspect de déchets légèrement ramollis et il est acide. Posé en surface ou utilisé comme paillage, il attire les animaux et peut abîmer les racines. Il lui faut donc toujours une étape de finition :

  • le sol du jardin : on l'enfouit à 20 ou 30 cm, mélangé à la terre, loin des racines, et l'on attend au moins deux semaines avant de planter ;
  • un bac de terre, sur un balcon par exemple, si l'on n'a pas de jardin : voyez notre fiche Pas de jardin ? Que faire de son bokashi ;
  • un composteur, où il se mélange aux matières brunes ;
  • des vers, en petites quantités.

Quant au résultat final pour les plantes, il ne faut pas en attendre de miracle. Dans un essai en pots qui comparait du bokashi et du compost issus des mêmes déchets, une seule comparaison sur seize était nettement à l'avantage du bokashi. Les deux méthodes nourrissent le sol de façon comparable : la différence tient surtout à la nature des déchets acceptés et à la place nécessaire.

À retenir

Le bokashi ne remplace ni le composteur ni les vers : il les complète. Sa vraie force est d'accepter tous les restes de cuisine dans très peu de place ; sa contrainte est de toujours devoir finir dans la terre.

Combiner les méthodes

Bokashi et composteur

C'est l'association la plus simple au jardin. Le seau reçoit les restes de repas, la viande, le poisson et les agrumes ; le composteur reçoit les épluchures crues, les tontes et les feuilles. Une fois fermenté, le contenu du seau rejoint le composteur, étalé en couche et recouvert de matières brunes. Tous les détails sont dans notre fiche Bokashi et compost de jardin.

Bokashi et lombricomposteur

En appartement, le lombricomposteur prend les épluchures crues, et le bokashi les restes que les vers refusent. Le pré-compost peut ensuite être donné aux vers, mais par petites quantités et dans un coin du bac, parce qu'il est acide. Les résultats sont variables d'un foyer à l'autre : nous expliquons comment procéder dans notre fiche Bokashi et lombricomposteur.

Notre conseil selon votre logement

Appartement sans extérieur

Le lombricomposteur, comme notre Lombricomposteur WORMbox, reste la solution la plus autonome, puisqu'il donne un produit prêt à l'emploi. Le bokashi n'a de sens que si vous avez un débouché régulier : jardin partagé, terrain d'un proche, composteur de quartier qui l'accepte.

Appartement avec balcon

Les deux fonctionnent. Le bokashi peut finir dans un grand bac de terre ou des jardinières profondes, à condition de patienter avant de planter. Si vous hésitez, notre fiche Lombricomposteur ou composteur classique vous aidera à préciser vos besoins.

Maison avec jardin

Le composteur reste la base, parce qu'il absorbe aussi les déchets du jardin. Un seau à bokashi comme le Composteur à Bokashi Confort le complète très bien pour tous les restes de cuisine délicats, que vous enfouirez directement dans les planches du potager.

Le conseil d'Emy

Avant de choisir, notez pendant une semaine ce que vous jetez réellement. Si vos poubelles contiennent surtout des épluchures crues, les vers ou le composteur suffiront ; si elles contiennent beaucoup de restes de repas, de viande ou de fromage, le bokashi trouvera sa place.

En résumé

Compost et lombricompost transforment les déchets à l'air et livrent un produit fini en quelques mois ; le bokashi les fait fermenter en vase clos en deux semaines environ, mais livre un pré-compost qui doit encore passer par la terre. Son atout majeur est d'accepter presque tous les restes alimentaires, viande, poisson et laitages compris, dans un simple seau de cuisine. Au jardin, il complète idéalement le composteur ; en appartement, il prend tout son sens avec un lombricomposteur ou un bac de terre. Choisissez selon vos déchets et selon l'endroit où le bokashi pourra finir sa course.

https://www.fermedumoutta.fr/guide/bokashi-compost-ou-lombricompost
Retrouvez cette fiche et tout le guide en ligne

Scannez le code ou rendez-vous sur fermedumoutta.fr/guide : toutes nos fiches pratiques, avec les liens vers les produits cités.

Moyens de paiement acceptés

Donnons de la vie à la terre

À ce jour, nos clients ont recyclé 102087,027 tonnes de déchets organiques grâce à nos produits depuis 2007. En savoir plus ›

Suivez-nous sur nos réseaux :

Ferme du Moutta
Site développé par nous-mêmes avec ❤️
Tous droits réservés 2007-2026.