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Durée de fermentation du bokashi : combien de temps attendre et comment savoir s'il est prêt

Emy, la mascotte des micro-organismes efficaces, regarde patiemment couler le sable d'un grand sablier à côté d'un seau à bokashi Urbalive fermé

« Combien de temps faut-il attendre ? » C'est la question que tout le monde se pose devant son premier seau plein. Et en cherchant la réponse, on tombe sur des chiffres qui vont de dix jours à six semaines. De quoi se demander qui a raison.

Cette fiche remet de l'ordre : elle distingue les différentes durées, explique pourquoi les sources divergent, vous donne notre repère, et surtout vous apprend à reconnaître un bokashi prêt, à l'odeur et à l'œil.

Deux durées à ne pas confondre

Dans la vie d'un seau, il y a deux phases bien distinctes :

  • Le remplissage : de quelques jours à quelques semaines, selon la taille du seau et la quantité de restes de votre foyer. La fermentation commence dès les premières couches, mais les déchets du dessus viennent d'arriver.
  • Le repos, seau plein et fermé : c'est cette phase qu'on appelle « durée de fermentation ». Elle commence le jour où vous ajoutez la dernière couche, et non le jour où vous avez commencé à remplir le seau.

C'est pour cela qu'on travaille avec deux seaux : l'un se remplit pendant que l'autre se repose. Le principe est détaillé dans notre fiche sur la rotation à deux seaux.

10 jours, 2 semaines, 6 semaines : pourquoi les sources divergent

Les chiffres publiés vont du simple au quadruple :

  • 10 à 14 jours pour de nombreux guides pratiques et collectivités, surtout dans les pays au climat doux ;
  • 2 semaines pour la plupart des fabricants de seaux, nos notices comprises ;
  • 2 à 5 semaines chez les pratiquants dont les seaux ont été analysés lors d'une étude récente ;
  • 6 semaines ou plus pour les recommandations les plus prudentes, suivies d'une maturation de plusieurs mois dans la terre.

Ces écarts s'expliquent facilement. La température joue beaucoup : un seau à 25 °C fermente plus vite qu'un seau dans un cellier à 12 °C. La nature des déchets aussi, tout comme la manière de remplir : un seau rempli lentement sur un mois a déjà bien fermenté au fond, alors qu'un seau rempli en trois jours démarre presque de zéro. Enfin, certains parlent de la fermentation seule, d'autres de la durée avant de pouvoir planter.

À retenir

Notre repère : au moins 2 semaines de seau plein et fermé, dans une pièce entre 18 et 25 °C. Ajoutez 1 à 2 semaines par temps froid. Le temps de transformation dans le sol vient en plus.

Attendre plus longtemps ne pose aucun problème. Un seau bien fermé et vidangé reste stable pendant des semaines, et même des mois. En revanche, écourter le repos expose à un bokashi encore mal acidifié.

Le conseil d'Emy

Notez au feutre, sur le couvercle, la date de la dernière couche : c'est elle qui compte pour lancer les deux semaines de repos.

Les signes d'une bonne fermentation

Au bout de deux semaines, ouvrez le seau et utilisez vos sens. Un bokashi réussi présente ces trois signes :

L'odeur : aigre, jamais pourrie

C'est le critère le plus fiable. Un bokashi prêt sent l'aigre et le fermenté : cornichon, vinaigre de cidre, choucroute, parfois une note sucrée ou légèrement alcoolisée. L'odeur est franche à l'ouverture, mais pas écœurante.

L'aspect : parfois un voile blanc

Il est fréquent de voir apparaître un duvet blanc, comme du coton, à la surface ou entre les couches. C'est un bon signe : il accompagne une fermentation réussie. Son absence n'est pas inquiétante pour autant, si l'odeur est bonne.

La texture : ramollie

Les déchets sont un peu affaissés, leurs couleurs légèrement passées, leur texture plus molle, comme marinée. Le tout s'est tassé.

À l'inverse, une odeur de pourri, d'œuf pourri ou d'ammoniac, une bouillie noire et visqueuse ou des moisissures vertes, bleues ou noires étendues signalent un problème. Pour savoir quoi faire, consultez notre fiche sur les moisissures dans le bokashi.

« Mes déchets ont l'air intacts » : c'est normal

Seau à bokashi ouvert après deux semaines : peau de banane, trognon de pomme et épluchures encore reconnaissables, à peine ramollisC'est la grande surprise des débutants : à l'ouverture, on reconnaît la peau de banane, le trognon de pomme, les coquilles d'œuf. On a l'impression que rien ne s'est passé. Pourtant, c'est exactement ce qu'on attend.

Le bokashi ne décompose pas les déchets : il les fait fermenter, un peu comme on fait de la choucroute avec du chou. Le chou garde sa forme dans le bocal ; vos restes aussi gardent la leur dans le seau. Ils sont acidifiés, stabilisés et déjà prédigérés par les micro-organismes. C'est un pré-compost, pas un compost fini. La décomposition proprement dite se fera ensuite, au contact de la terre.

Le saviez-vous ?

Dans des seaux de particuliers analysés récemment, le jus affichait un pH de 3,7 à 4,9, c'est-à-dire l'acidité d'un jus d'orange ou d'une tomate. Ce sont des bactéries lactiques, les mêmes familles que dans les aliments fermentés, qui dominaient la population microbienne.

L'effet de la température sur la durée

Les micro-organismes du seau travaillent d'autant plus vite qu'il fait doux. Pour simplifier :

  • Entre 18 et 25 °C environ : deux semaines suffisent dans la plupart des cas.
  • Entre 10 et 18 °C : comptez une à deux semaines de plus.
  • En dessous d'une dizaine de degrés : la fermentation ralentit nettement ; vers 5 °C, elle est presque à l'arrêt. Elle reprendra quand le seau se réchauffera.

En été, la fermentation est souvent plus rapide, mais gardez quand même les deux semaines : elles ne coûtent rien et sécurisent le résultat. Tous nos conseils saisonniers sont dans notre fiche bokashi en hiver, en été et pendant les vacances. Un bon dosage d'activateur, comme notre Activateur de compost Bokashi EM, aide aussi la fermentation à bien démarrer : voyez notre fiche sur le son de bokashi, son rôle et son dosage.

Et après ? Le temps de transformation dans le sol

Une fois fermenté, le bokashi doit encore se transformer en terre. Enfoui dans le jardin et bien mélangé à la terre, il disparaît en général en deux à quatre semaines, parfois plus en sol froid ou compact ; on estime qu'il faut jusqu'à environ deux mois pour qu'il soit entièrement assimilé. Au début, il est très acide : il faut donc attendre au moins deux semaines avant de semer ou de planter au même endroit, trois à quatre semaines c'est encore mieux.

De la première épluchure à une terre prête à planter, il faut donc compter en général six semaines à deux mois, un peu plus en hiver. Toute la méthode est détaillée dans notre fiche pour enfouir son bokashi au jardin, et notre fiche pas de jardin ? présente les solutions en pots et en bacs.

En résumé

La durée de fermentation se compte à partir de la dernière couche : au moins deux semaines de seau plein et fermé, entre 18 et 25 °C, et une à deux semaines de plus par temps froid. Attendre davantage ne pose aucun problème. Un bokashi prêt sent l'aigre, peut porter un voile blanc et a une texture ramollie, même si les déchets gardent leur forme : c'est normal, c'est un pré-compost. La transformation en terre se fait ensuite dans le sol, en deux à quatre semaines environ.

https://www.fermedumoutta.fr/guide/duree-fermentation-bokashi-pret
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