

Fabriquer son activateur bokashi maison : la recette son de blé, EM-1 et mélasse pas à pas

Le son de bokashi, cet activateur que l'on saupoudre sur chaque couche de déchets, se fabrique très bien à la maison : trois ingrédients, une heure de préparation au plus, puis trois semaines de patience. C'est économique dès que l'on pratique le bokashi toute l'année.
Voici notre recette de référence, celle qui correspond à notre kit, avec les repères pour juger le résultat, le sécher et le conserver, et une variante sans EM. Et si vous aimez le fait-maison, le seau lui-même peut se bricoler : voyez notre fiche Fabriquer son seau à bokashi soi-même.
Les ingrédients et le matériel
Pour 1 kg de son de blé, il vous faut :
1 kg de son de blé, bien sec et qui ne sent pas le moisi. Notre son de blé sans OGM convient parfaitement ;
30 ml d'EM-1, la solution mère de micro-organismes efficaces : notre EM-1 Solution mère ;
30 ml de mélasse, qui sert de nourriture aux micro-organismes. Mélasse de canne ou de betterave, c'est pareil : les deux apportent les sucres dont les ferments ont besoin. Notre mélasse de betterave, celle de notre kit, convient donc parfaitement, tout comme notre mélasse de canne à sucre. Choisissez une mélasse pure, sans additif ;
500 ml d'eau non chlorée.
Côté matériel : une casserole, une balance, un doseur, une cuillère, une grande bassine, un sac poubelle noir et opaque, et un récipient hermétique assez grand pour le sac (seau avec couvercle ou grande boîte).
Pour ne rien chercher, notre kit pour fabriquer votre activateur Bokashi & Compost contient 4 ou 8 kg de son de blé du Gers, 250 ml d'EM-1, 250 ml de mélasse de betterave du Béarn, une cuillère doseuse de 20 ml et la recette : de quoi fabriquer jusqu'à 8 kg d'activateur, de préférence par lots de 1 kg pour qu'il soit toujours frais. Il vous restera à prévoir l'eau non chlorée, la balance, la casserole, la bassine, le sac noir et le récipient hermétique.
Une eau non chlorée et tiède : pourquoi c'est crucial
Le chlore de l'eau du robinet limite les microbes dans les canalisations. Les fabricants d'EM le rappellent : il réduit aussi la vitalité des micro-organismes que vous voulez faire travailler, et peut faire échouer la fermentation.
Eau du robinet : laissez-la reposer 24 heures à l'air libre, dans un récipient large et non couvert, pour que le chlore s'évapore. Le plus simple est de la préparer la veille au soir.
Autres solutions : une eau filtrée sur charbon (carafe filtrante) ou une eau de source plate en bouteille.
La température compte aussi : les micro-organismes démarrent mieux dans une eau tiède, entre 25 et 30 °C. Une eau trop chaude peut en détruire une partie : ne versez jamais l'EM-1 dans une eau chaude. Sans thermomètre, elle doit paraître à peine tiède sur l'intérieur du poignet.
La recette pour 1 kg de son
Tiédissez l'eau : faites chauffer doucement 500 ml d'eau non chlorée dans la casserole, jusqu'à 25 à 30 °C. Elle ne doit jamais bouillir.
Ajoutez l'EM-1 : versez 30 ml d'EM-1 dans l'eau tiède et mélangez à la cuillère.
Ajoutez la mélasse : versez 30 ml de mélasse et mélangez de nouveau jusqu'à ce qu'elle soit bien dissoute.
Pesez le son : versez 1 kg de son de blé dans la bassine.
Arrosez le son avec le mélange, en plusieurs fois, en mélangeant à mesure. Le son gonfle en absorbant le liquide.
Pétrissez longuement à la main, pour bien répartir l'humidité, jusqu'à former des boules de son qui se cassent facilement.
Ensachez : mettez le son dans le sac noir, tassez-le pour chasser un maximum d'air, puis fermez le sac par un nœud serré.
Enfermez le sac dans le récipient hermétique, placé dans un endroit chaud et sombre.
Attendez trois semaines sans jamais ouvrir.
Pour préparer plutôt une solution activée liquide (EM-A), voyez notre fiche Activer l'EM-1.
La texture juste : humide, mais pas détrempée
C'est le point décisif. Pressez une poignée dans votre main :
c'est juste si elle forme une boule qui se tient, puis s'effrite facilement sous les doigts, sans qu'aucune goutte ne coule ;
c'est trop mouillé si de l'eau perle entre les doigts ou si la boule colle en pâte : ajoutez une petite poignée de son sec et pétrissez de nouveau.
N'ajoutez pas d'eau en plus des 500 ml : un son trop humide est la première cause de moisissures vertes ou noires. S'il vous paraît un peu sec au début, pétrissez plus longtemps : le son absorbe le liquide progressivement.
Les trois semaines de fermentation sans ouvrir
Pendant ces trois semaines, bactéries lactiques et levures se multiplient en consommant la mélasse, sans oxygène. Comme dans votre seau à bokashi, l'air est l'ennemi.
N'ouvrez pas le sac, même pour jeter un œil. L'air qui entre peut suffire à faire échouer la fermentation.
Gardez-le au chaud, idéalement entre 20 et 30 °C, à l'abri de la lumière, par exemple dans un placard. Au frais, la fermentation ralentit ; évitez le gel comme le dessus d'un radiateur.
D'autres recettes se contentent de deux semaines ; nous préférons trois, par sécurité, surtout dans une maison fraîche.
Le saviez-vous ?Le voile blanc qui apparaît parfois sur le son fermenté est le même que celui d'un seau à bokashi réussi : un bon signe, pas une moisissure à craindre.
Réussi ou raté : les critères
C'est réussi si :
le son sent le ferment : une odeur aigre-douce, de levure, de bière ou de cidre, parfois légèrement alcoolisée ;
un duvet blanc recouvre une partie de la surface, ou rien de visible : les deux sont normaux.
C'est raté si :
des moisissures vertes, bleues, noires ou roses sont apparues ;
le son sent le pourri, l'égout ou le moisi.
Un son raté ne se rattrape pas : mettez-le au composteur ou enfouissez-le, puis recommencez en surveillant l'humidité, l'eau et la fermeture du sac.
Sécher et conserver un an
Votre son est prêt. Deux possibilités :
L'utiliser tel quel, humide : gardez-le dans un récipient hermétique, à l'abri du soleil, dans un endroit frais et sec, et refermez bien après chaque prélèvement. Utilisez-le plutôt dans les semaines qui suivent.
Le faire sécher pour le conserver environ un an : étalez-le en couche fine sur un plateau ou une toile propre, dans une pièce sèche et aérée, à l'abri de la lumière directe. Retournez-le de temps en temps. Comptez quelques jours : il doit être sec et friable, sans humidité au toucher.
Évitez le four, le radiateur ou le soleil direct : une chaleur trop forte abîme les micro-organismes. Une fois sec, rangez-le dans un bocal ou un seau bien fermé, au sec et à l'obscurité. Au moment de l'utiliser, il doit toujours sentir l'aigre ou la levure ; s'il sent le moisi, remplacez-le. Pour le dosage dans le seau, voyez notre fiche Le son de bokashi : rôle, dosage et conservation.
Le conseil d'EmyNotez la date de fabrication au feutre sur le bocal. Vous saurez d'un coup d'œil quel lot utiliser en premier, et quand lancer la fournée suivante.
Combien en préparer ? On compte souvent 2 à 6 kg de son par an pour une famille de quatre personnes : 1 kg dure donc de deux à six mois environ, selon vos déchets et votre main plus ou moins généreuse.
Variante sans EM : le sérum lactique maison (et ses limites)
Certains jardiniers remplacent l'EM-1 par un sérum de bactéries lactiques fait maison. Le principe : on laisse fermenter quelques jours l'eau de rinçage du riz à l'air libre, puis on en ajoute une petite part à du lait, qui caille en une semaine environ. Le liquide jaunâtre récupéré sert ensuite comme l'EM-1, avec de la mélasse et du son.
Cette méthode fonctionne chez beaucoup de pratiquants, mais elle a ses limites : la population de micro-organismes n'est pas contrôlée et varie d'une fois à l'autre, elle est moins diversifiée que les EM (on saupoudre donc un peu plus de son dans le seau), et sa préparation ajoute deux à trois semaines, avec plus de risques de ratés.
Les EM font-ils vraiment la différence ? Les études publiées sont rares, et certains essais n'ont pas trouvé d'écart de croissance des plantes entre un bokashi fait avec ou sans EM : nous faisons le point dans notre fiche Bokashi et micro-organismes efficaces : ce que dit vraiment la science. Pour la régularité du résultat, nous conseillons l'EM-1, la solution la plus fiable et la plus simple.
À retenirNotre recette : 1 kg de son de blé, 500 ml d'eau non chlorée à 25-30 °C, 30 ml d'EM-1 et 30 ml de mélasse. Un son humide mais pas détrempé, un sac noir bien tassé dans un récipient hermétique, trois semaines au chaud sans ouvrir, puis un séchage à l'ombre pour le garder un an.
En résumé
Fabriquer son activateur bokashi est simple : 500 ml d'eau non chlorée et tiède, 30 ml d'EM-1, 30 ml de mélasse et 1 kg de son de blé, pétris jusqu'à obtenir un son humide mais pas détrempé, puis trois semaines de fermentation dans un sac noir tassé, au chaud et sans ouvrir. Une odeur de ferment et un éventuel voile blanc signent la réussite ; des moisissures colorées ou une odeur de pourri, l'échec. Utilisé rapidement ou séché à l'ombre pour durer un an, il remplace l'activateur du commerce.
Scannez le code ou rendez-vous sur fermedumoutta.fr/guide : toutes nos fiches pratiques, avec les liens vers les produits cités.





































